
Le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique lance un appel pour l’engagement accru des communautés dans la prévention et la lutte contre le paludisme
BRAZZAVILLE, Republic of the Congo, 26 avril 2010/African Press Organization (APO)/ — Le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Luis Sambo, a lancé, ce dimanche, un vibrant appel en faveur de l’engagement des communautés pour qu’elles appuient les efforts en cours de prévention et de lutte contre le paludisme, et pour l’élimination éventuelle de cette maladie en tant que problème majeur de santé publique dans la Région africaine.
«J’en appelle à chaque communauté africaine pour qu’elle exerce le leadership dans la lutte contre le paludisme. Chacun de nous a un rôle à jouer dans ces efforts. Les communautés doivent agir pour se protéger elles-mêmes contre le paludisme», a déclaré le Directeur régional dans son message à l’occasion de la Journée mondiale du Paludisme qui est commémorée le 25 avril de chaque année, depuis 2008.
Le Dr Sambo a souligné la nécessité d’accorder une attention spéciale aux communautés au sein desquelles les enfants, les femmes et les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont particulièrement vulnérables. Il a également demandé de mettre un plus grand accent sur l’implication quotidienne des familles, des élèves, des enseignants, des jeunes, des femmes, des hommes et des organisations de la société civile.
S’agissant du rôle de la société en général dans la lutte contre le paludisme, le Dr Sambo a déclaré ce qui suit : «Les hommes et femmes politiques, les parlementaires, les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les organisations religieuses et les médias doivent s’engager pour appuyer les interventions à base communautaire». Préconisant le plaidoyer à tous les niveaux, le Directeur régional a ajouté : «Nous avons besoin de l’engagement de champions de tous les milieux, y compris les milieux artistiques, culturels et sportifs, afin de diffuser des messages positifs pour le combat contre le paludisme».
Le Dr Sambo a présenté les grandes lignes des six actions devant sous-tendre l’engagement des communautés dans la lutte contre cette maladie : veiller à l’appropriation et à la participation par les communautés, y compris leur contribution aux ressources humaines et financières et le renforcement des alliances pour combattre le paludisme ; tirer parti des connaissances et expériences locales, en particulier dans la protection et la gestion de l’environnement aux fins de prévention des maladies ; associer toutes les familles et tous les dirigeants communautaires aux initiatives de développement locales ; concentrer les efforts sur la prévention, tout en créant un environnement favorable à la prompte orientation des cas de fièvre vers les formations sanitaires de district par les dispensateurs de soins au niveau des ménages ; collaborer avec les agents de santé communautaire et leur fournir un appui ; et renforcer les capacités dans le suivi de l’accessibilité, de la qualité et de l’utilisation des services au niveau communautaire.
Le Directeur régional a indiqué que c’est un impératif pour tous les acteurs d’œuvrer de concert et de façon coordonnée pour garantir la mise en œuvre d’interventions sanitaires à base communautaire de qualité ; l’amélioration de l’accès aux produits et services ; et l’intensification d’interventions telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII), le traitement préventif intermittent du paludisme pendant la grossesse (TPI), les pulvérisations intradomiciliaires d’insecticides à effet rémanent (PID), et le diagnostic et le traitement précoces des cas de fièvre.
À cette fin, il a réitéré ses appels antérieurs aux gouvernements pour qu’ils allouent des ressources suffisantes au secteur de la santé, et notamment au renforcement des systèmes de santé et à l’amélioration de la mise en œuvre des interventions à base communautaire.
Le Dr Sambo a ajouté que, pour sa part, l’OMS continuera à fournir des orientations pour des politiques et des interventions antipaludiques appropriées, et à intensifier l’appui technique aux pays, en partenariat avec les organisations multilatérales et bilatérales, ainsi qu’avec les autres membres de la communauté internationale.
Le paludisme fait supporter une charge disproportionnée à la Région africaine où l’on enregistre 85 % des cas de paludisme et 90 % des décès dus à cette maladie à l’échelle mondiale.
Cependant, des progrès notables ont été réalisés, ces dernières années, dans la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide et des traitements antipaludiques permettant de sauver des vies, mais la couverture des programmes de lutte contre le paludisme doit encore être substantiellement améliorée, si l’on veut atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
Selon le tout dernier Rapport sur le paludisme dans le monde publié en 2009, l’accroissement des engagements internationaux en matière de financement (US $1,7 milliard en 2009, contre US $730 millions en 2006) a permis une intensification spectaculaire des interventions de lutte dans plusieurs pays, avec à la clé des réductions mesurables de la charge du paludisme.
En 2008, toujours selon ce rapport, 31 % des ménages possédaient une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII), contre 17 % en 2006. De même, 24 % des enfants de moins de cinq ans utilisaient une MII. À la suite des améliorations enregistrées dans l’utilisation des MII, des pulvérisations intradomiciliaires d’insecticides à effet rémanent, du traitement préventif intermittent du paludisme pendant la grossesse, et des associations thérapeutiques à base d’artémisinine, dix pays de la Région ont réussi à réduire de 50 % les cas de paludisme entre 2000 et 2008.
SOURCE
World Health Organization (WHO)
