Posted by: africanpressorganization | 26 March 2010

Côte d’Ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI

 


 

 

Côte d’Ivoire / Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI

 

 

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 26 mars 2010/African Press Organization (APO)/ — Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI.

 

Hamadoun Touré (Porte-parole ONUCI): Mesdames et messieurs, merci de votre présence à ce point de presse hebdomadaire qui a un cachet exceptionnel. Après plus de quatre ans de service à l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, le Commandant de la Force, Fernand Marcel Amoussou, va nous quitter dans quelques jours. Il a bien accepté mon invitation d’animer ce point de presse d’au revoir ou d’adieu. Comme on le dit aux Nations Unies, nos chemins, mon Général, vont se rencontrer un jour.

Je voudrais d’abord vous remercier de votre disponibilité vis-à-vis de la presse. Chaque fois que je vous ai invité, vous avez répondu présent et aujourd’hui encore nous avons l’exemple de votre fidélité à la presse et de votre disponibilité vis-à-vis de la presse. Donc sans plus tarder, je voudrais vous donner la parole pour une petite introduction, ensuite vous répondrez aux questions des journalistes.

 

Général Amoussou : Merci beaucoup M. Touré, comme vous venez de le dire, je suis arrivé ici dans la mission le 22 Août 2005 et je suis aujourd’hui sur le point de la quitter. Je me réjouis que vous me donniez l’occasion aujourd’hui de m’adresser à la presse mais surtout de me prêter à leurs questions éventuelles.

En guise d’introduction, j’aimerais dire que je n’ai pris que ma part dans la mission globale assignée aux Nations Unies ici en Côte d’Ivoire. Je voudrais aussi rappeler que le déploiement en Côte d’Ivoire d’une force des Nations Unies vise essentiellement à créer les conditions favorables pour une sortie de crise politique pacifique. De ce point de vue, il est heureux de constater que depuis lors, nous n’avons connu aucune reprise des hostilités et aucune intention de belligérance armée. Notre mission de stabilisation et de contribution à la sécurité de la Côte d’Ivoire telle qu’assignée par le Conseil de Sécurité se déroule jusqu’à présent dans de bonnes conditions et je voudrais pour finir cette introduction, témoigner de la satisfaction que j’ai eu à travailler avec nos frères et sœurs ivoiriens et en particulier, les militaires, gendarmes et policiers tant des Forces de défense et de sécurité (FDS) que des Forces Nouvelles (FN). Je vous remercie et à présent je suis disposé à prendre vos questions si vous le souhaitez. Merci.

 

H.T. : Merci mon Général. Nous sommes prêts pour la séance de questions-réponses. Je vous prie de vous identifier en indiquant votre nom et l’organe de presse pour lequel vous êtes là.

 

Marc Dossa (Nord Sud quotidien) : Mon Général, je m’appelle Marc Dossa. Je suis de Nord Sud quotidien. Vous êtes heureux de constater qu’il n’y a aucune intention de belligérance mais vous partez au moment où il y a une sorte d’effervescence dans le débat. Il ya certains qui ont craint même le pire avec la question du désarmement et des élections. Quel commentaire pouvez-vous nous faire justement sur ce point là avant votre départ ? Est-ce qu’on peut rester optimistes ?

 

Gen. A: Je crois qu’il y a des raisons d’espérer. C’est vrai que la Côte d’Ivoire n’est pas encore complètement sortie de la crise mais la Côte d’Ivoire a fait d’énormes progrès pour sortir de la crise. Il suffit de se rappeler les années 2003, 2004 jusqu’à ce jour. Et on s’aperçoit clairement du chemin qui a été accompli. Mais tant que la crise n’est pas complètement résolue, il est évident que les contradictions entre les parties demeurent. Mais je crois en la capacité des Ivoiriens au dialogue et je crois en leur implication pour que leur pays retrouve très rapidement le chemin de la paix. S’agissant plus spécifiquement de la question que vous avez posée relativement aux élections et au désarmement, je pense que les accords de Ouagadougou en ont défini le cadre. C’est pour cela que l’ONUCI continue d’engager les parties à la mise en œuvre complète et totale des accords de Ouagadougou. Les dernières discussions entamées entre les parties présagent de la volonté collective des Ivoiriens de trouver une solution à ce dilemme qui se pose entre les élections et le désarmement.

 

Etienne Aboua (Demain) : Je sais que les Forces de l’ONUCI ont réduit récemment leurs effectifs. J’aimerais savoir si l’ONUCI dispose encore de moyens, de ressources militaires capables, si éventuellement il devait y avoir une reprise des hostilités, de s’interposer ? Merci.

 

Gen. A: J’aimerais d’abord redire ma conviction que certainement les Ivoiriens n’ont pas envie de reprendre les hostilités. Je pense que les Ivoiriens aspirent légitimement à la paix, à la sécurité et à la stabilité. Pour ce qui concerne le volume de la Force, nos capacités opérationnelles demeurent intactes. Nous maintenons nos capacités pouvant nous permettre de faire face à toute situation pouvant perturber le processus de paix et notre mandat là-dessus demeure clair. Il s’agit de continuer de prévenir la reprise des hostilités. Et là-dessus, le volume des forces, leur configuration et leur déploiement permettront à l’ONUCI d’accomplir son mandat tout simplement.

 

Norbert Navarro (RFI, France 24) : A l’heure de votre départ, est-ce que vous pouvez nous dresser un bilan global de votre mission en Côte d’Ivoire ? Deuxième question, est-ce que vous pouvez nous faire un point sur ce dont on entend parler à Abidjan qui ne bruisse que de rumeur à propos de réarmement, de trafic d’armes de part et d’autre. Qu’est-ce que vous avez comme information là-dessus?

 

Gén A : Je pense qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas de bilan particulier à tirer. Mon bilan s’inscrit dans le bilan de la mission. Je n’ai été qu’une partie de la mission. Je n’ai fait que mettre en œuvre la partie sécuritaire de la mission. Et je crois que la situation de stabilité, de paix que nous avons aujourd’hui n’est pas simplement à attribuer ni à l’ONUCI ni à la Force de l’ONUCI. Je crois que c’est à attribuer tout d’abord aux ivoiriens et ensuite à l’appui que l’ONUCI a pu apporter aux ivoiriens. Mais je pense que les points les plus essentiels sont tout d’abord, la confiance, la collaboration, la coopération retrouvées entre les deux forces ex-belligérantes que l’on voit aujourd’hui coopérer au sein du Centre de commandement intégré (CCI), coopérer lors des voyage du Président de la République à travers le pays, coopérer pour sécuriser la frontière, notamment celle avec la Guinée, coopérer pour sécuriser les audiences foraines et le processus d’identification et enfin coopérer pour planifier la sécurité des élections. Le deuxième point que je souhaiterais évoquer, c’est la suppression de la zone de confiance et de la ligne verte qui avaient été créées. Je pense que c’est une manifestation concrète du rétablissement de la continuité territoriale de la Côte d’Ivoire et je m’en réjouis profondément. Le dernier point que je souhaiterais aborder ; c’est l’engagement renouvelé des Nations Unies à poursuivre leur appui à la Côte d’Ivoire et là-dessus je pars parfaitement serein, optimiste, réaliste, confiant en la volonté et aux ressources de la Côte d’Ivoire pour sortir de cette crise mais aussi confiant en la détermination de la communauté internationale à continuer de soutenir la Côte d’Ivoire. S agissant de votre deuxième question relative aux rumeurs de réarmement, etc, vous avez si bien dit que ce sont des rumeurs. Mais effectivement nous demeurons extrêmement vigilants et nous suivons tout ce qui pourrait modifier le rapport de force sur le terrain : mais encore une fois, je pense que nos collègues du groupe des experts chargés de surveiller la mise en œuvre de l’embargo seraient peut-être plus outillés pour répondre à votre question. Merci.

 

H.T. : Mon Général, merci encore une fois. A vous des médias, à jeudi prochain.

 

SOURCE 

Mission of UN in Côte d’Ivoire


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