
Déclin constant de la piraterie au large de la Somalie / Selon un responsable du département d’État, le nombre des attaques réussies a diminué
WASHINGTON, 24 mars 2010/African Press Organization (APO)/ — Grâce à la coopération de la marine marchande internationale, la lutte contre la piraterie en haute mer au large de la côte orientale de l’Afrique progresse régulièrement, a déclaré, le 19 mars, le premier sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires politico-militaires, M. Thomas Countryman, lors d’une conférence de presse donnée au Centre de la presse étrangère à Washington.
À cette conférence de presse participait également M. Donald Yamamoto, premier sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines.
Selon M. Countryman, les progrès de la lutte contre les pirates sont « constants » sans être spectaculaires. On note un recul des attaques pirates réussies dans la région et ce, grâce à une conjugaisons de plusieurs facteurs, a-t-il dit.
Dans le domaine militaire, « plus de 20 pays ont contribué au maintien d’une force navale internationale dans le golfe d’Aden. À tout moment, on peut compter en moyenne 17 navires de patrouille sillonnant le golfe pour protéger un passage maritime internationalement reconnu et qu’empruntent environ 30.000 cargos par an. »
Le fait le plus impressionnant « est que nous avons réuni des navires de guerre des États-Unis, de l’Union européenne, de l’OTAN et de plusieurs autres pays, notamment la Russie, la Chine, la Corée du Sud et le Japon, qui coordonnent leur action non pas sous un commandement international unifié mais par un système de coordination qui permet à tous les commandants de travailler ensemble », a expliqué M. Countryman.
Selon lui, ce dispositif en vertu duquel différents pays opèrent de concert selon un mécanisme de coordination au lieu d’un mécanisme de commandement est « plutôt sans précédent ».
Le deuxième facteur de progrès se rapporte à l’industrie maritime elle-même, a-t-il poursuivi. « Les mesures les plus financièrement rentables et les plus efficaces qu’on puisse adopter pour décourager et vaincre la piraterie proviennent des navires marchands eux-mêmes », a-t-il dit, du fait que les équipages adoptent des mesures de sécurité relativement bon marché.
La piraterie met en danger l’aide alimentaire des États-Unis dans la région, si bien que les navires portant pavillon américain sont maintenant obligés de recourir à certaines tactiques lorsqu’ils sont chargés de missions très importantes de livraison de vivres à la corne de l’Afrique. « Nous pensons qu’elles ont assez bien réussi » puisqu’elles se sont traduites par une baisse du nombre d’attaques réussies.
Troisième facteur de progrès, on traduit de plus en plus en justice les pirates appréhendés, a indiqué M. Countryman. La piraterie étant un crime universel, « chaque État a à la fois le droit et le devoir de poursuivre les pirates devant les tribunaux », a-t-il déclaré.
Les États-Unis encouragent tous les pays qui ont subi des actes de piraterie à engager des poursuites, a-t-il dit, en donnant l’exemple du Kenya, où les poursuites engagées procureront à la région plus d’avantages économiques et humanitaires que si les procès avaient lieu ailleurs. En effet, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres donateurs aident le Kenya à étoffer son appareil judiciaire de manière à ce que les Kényans puissent en profiter par la suite. « Nous espérons voir d’autres États de cette région assurer le même genre de service important en engageant eux aussi des poursuites judiciaires contre des personnes accusées de pirateries », a déclaré M. Countryman.
Le quatrième facteur est qu’un groupe de travail a été créé afin de mieux informer la population somalienne et de l’aider ainsi à comprendre que la piraterie n’est pas la solution de leurs difficiles problèmes politiques et économiques.
En janvier 2009, a indiqué M. Countryman, environ 24 pays ont créé, sous la tutelle des Nations unies, le Groupe de contact sur la piraterie au large de la Somalie. Celui-ci comprend maintenant 47 pays et 10 organisations internationales, unis par le même sentiment que la piraterie dans cette région est alimentée par le chaos qui règne en Somalie depuis 20 ans et que, pour faire face à ce problème, « il importe de rétablir la stabilité en Somalie ».
M. Yamamoto a dit que les États-Unis et la communauté internationale s’efforçaient de contribuer à la satisfaction des aspirations de la population somalienne en coordonnant leur action non seulement avec le Gouvernement fédéral de transition (TFG) mais avec les Somaliens individuellement. « Pour cela, nous devons collaborer plus étroitement » avec la société civile et les associations locales, a-t-il déclaré.
À une question qu’on lui posait sur ce qui constituait le profil psychologique typique du pirate somalien, M. Countryman a répondu qu’on n’en avait pas dressé et que l’essentiel était de distinguer les jeunes hommes qui sortaient en mer pour commettre des actes de piraterie et les patrons des groupes criminels qui tiraient la plupart de leurs bénéfices de la piraterie.
« Il n’est pas difficile, dans un endroit comme la Somalie », écrasée par le chômage et le manque de débouchés, « de rencontrer des jeunes qui sont prêts à risquer leur vie dans un milieu qui ne leur est pas familier, la mer, et dans une entreprise inconnue, la prise d’otages aux fins de rançon, quitte à subir des violences ou à finir en prison », a dit M. Countryman.
Aux yeux des chefs de bande, le jeune homme qu’on envoie attaquer un navire n’a pas plus de valeur que le petit bateau dans lequel il s’embarque ou que l’arme légère qu’il porte, a fait remarquer M. Countryman, ajoutant : « Le gros du profit revient à l’individu qui a financé l’aventure. Il y en a un peu qui passe dans l’économie somalienne. Nous pensons qu’il y en a beaucoup plus qui s’en va ailleurs », en lieu sûr, loin de l’économie locale et sans aucun bénéfice au peuple de la Somalie.
SOURCE
US Department of State
