
Les États-Unis se réjouissent de la nouvelle du retour du président nigérian dans son pays / Le secrétaire d’État adjoint Johnnie Carson invite les Nigérians à ouvrer dans l’intérêt de la nation et de la démocratie
WASHINGTON, 26 février 2010/African Press Organization (APO)/ — Les États-Unis accueillent avec satisfaction la nouvelle du retour au Nigéria de son président Umaru Yar’Adua et souhaitent continuer à entretenir « des relations solides, positives et productives » avec cet État extraordinairement important d’Afrique de l’Ouest.
À cette occasion, ils invitent tous les Nigérians à agir dans l’intérêt de leur pays et à renoncer à la recherche d’avantages politiques à court terme, a affirmé à la presse, le 24 février, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson.
S’exprimant au Centre de la presse étrangère, à Washington, M. Carson a souligné l’importance du maintien du Nigéria sur la voie de la démocratie. Au sujet du président, qui était resté près de trois mois à l’étranger pour soins médicaux, il a déclaré : « Nous espérons sincèrement que sa santé sera suffisamment bonne pour lui permettre de reprendre toutes ses fonctions officielles. Le Nigéria a besoin d’un dirigeant fort, efficace et bien portant, pour garantir sa stabilité et s’attaquer à ses problèmes politiques, économiques et sécuritaires. »
M. Carson a rappelé que, selon certaines informations récentes, la santé du président Yar’Adua restait fragile : « Il se peut qu’il ne puisse pas remplir ses fonctions. Nous espérons que le retour de M. Yar’Adua n’est pas une tentative de la part de hauts collaborateurs de déstabiliser le pays et de replonger le processus démocratique dans l’incertitude. Nous avons tous besoin d’un Nigéria solide, stable, démocratique. Nous en avons besoin pour le bien des Nigérians, pour le bien de l’Afrique de l’Ouest, de toute l’Afrique et de la communauté internationale. »
Le Nigéria, a-t-il dit aux journalistes de Washington (et de New York et de Johannesburg par connexion vidéo interactive), « revêt une importance extraordinaire pour ses amis et partenaires ». Il a demandé à toute personne occupant un poste de responsabilité au Nigéria de « placer la santé du président et les meilleurs intérêts du pays et de sa population au-dessus de ses ambitions ou de ses gains politiques à court terme. Pour ce pays de 150 millions d’habitants, le respect de la démocratie et l’adhésion continue à la loi constitutionnelle doivent constituer les objectifs prioritaires de tous ses dirigeants. »
À la question d’un journaliste de Johannesburg qui souhaitait des précisions sur la situation au Nigéria, M. Carson a répondu que les États-Unis s’inquiétaient du fait que pendant près de trois mois, le président Yar’Adua se trouvait hors du pays, en Arabie saoudite, pour soins médicaux.
« Pendant cette période de trois mois, un nombre extrêmement limité de personnes ont pu voir le président. Pratiquement aucun ministre, et même pas la délégation qui s’est rendue en Arabie saoudite il y a deux jours pour le voir hier, n’ont pu le voir. La seule communication que l’on ait pu avoir d’une source fiable quelconque a été une brève vidéo de deux minutes que la BBC a pu réaliser il y a environ un mois. »
Il a ajouté : « Je sais, d’après mon propre séjour au Nigéria il y a seulement deux semaines et demie, que plusieurs gouverneurs et hauts responsables sont allés en Arabie saoudite et que pratiquement aucun n’a réussi pendant cette période de trois mois à voir le président. »
Le secrétaire d’État adjoint a indiqué que le président Yar’Adua était rentré la nuit dernière au Nigéria et avait été emmené rapidement par ambulance. Le fait préoccupant, a-t-il dit, est que que peu de gens l’ont vu.
« Il y a une dizaine de jours, je pense, les plus hautes autorités nigérianes, c’est-à-dire les membres de l’Assemblée nationale, du Sénat et de la Chambre, ainsi que les membres du Conseil fédéral exécutif et du Conseil des gouverneurs, ont tous, à l’unanimité, adopté des résolutions » désignant le vice-président comme président par intérim.
« Cette mesure a apporté un sens de stabilité au Nigéria et de confiance que le gouvernement allait pouvoir fonctionner et s’acquitter de ses responsabilités. À présent, nous assistons au retour soudain du président, pratiquement sans préavis. Comme je l’ai dit, nous espérons vivement que le président est rétabli, en bonne santé et capable de reprendre ses activités normales de président. »
M. Carson s’est empressé d’ajouter : « Il importe beaucoup que ceux qui occupent des postes de responsabilité placent la santé du président d’abord, qu’ils pensent en priorité aux intérêts, à la stabilité, au maintien de la démocratie au Nigéria. Ce n’est surtout pas maintenant que les ambitions politiques personnelles doivent l’emporter sur la stabilité, la démocratie et l’ordre constitutionnel qui règnent aujourd’hui dans ce pays. »
Le Nigéria est un pays exceptionnellement important pour les États-Unis et pour l’Afrique parce que cet État de l’Afrique de l’Ouest est l’un des deux principaux pays du continent africain, le deuxième État musulman d’Afrique par sa population et l’un des partenaires commerciaux les plus importants des États-Unis, qui y ont investi plus que dans n’importe quel autre pays subsaharien. De plus, le Nigéria assure 12 % des besoins pétroliers des États-Unis, a dit M. Carson.
Le Nigeria est en outre « un important acteur régional », un chef de file de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une source de stabilité dans la région et un fournisseur de forces de maintien de la paix aux Nations unies en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. Le Nigéria est aussi membre du Conseil de sécurité des Nations unies. « C’est un pays que nous ne saurions ni négliger ni mésestimer ».
M. Carson est de retour récent d’une tournée à l’étranger qui, outre le Nigéria, l’a conduit au Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, puis au Ghana, au Togo et au Bénin. Il s’est également rendu en Espagne aux fins d’entretiens avec des responsables de l’Union européenne. L’Espagne est actuellement présidente en exercice de l’Union européenne.
SOURCE
US Department of State
