Posted by: africanpressorganization | 25 February 2010

Nigéria : appel des États-Unis à une réforme électorale et à des élections loyales en 2011

 


 

 

 

Nigéria : appel des États-Unis à une réforme électorale et à des élections loyales en 2011

 

 

WASHINGTON, 25 février 2010/African Press Organization (APO)/ — Déposition au Sénat de Johnnie Carson, secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines.

Le chef de la diplomatie américaine en Afrique a souligné aux pouvoirs publics du Nigéria l’importance d’une élection honnête en 2011 et les a exhortés à accorder la priorité à la réforme électorale de manière à ce qu’une transition pacifique puisse s’opérer dans le respect des principes démocratiques.

 

Lors de sa déclaration liminaire du 23 février devant la sous-commission africaine au sein de la commission sénatoriale des affaires étrangères, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, qui a été reçu par le président nigérian par intérim, M. Goodluck Jonathan, lors de sa visite au Nigéria en février, a estimé que la désignation de M. Jonathan à la présidence par intérim par l’Assemblée nationale nigériane en raison de la longue absence du président Umaru Yar’Adua du pays pour cause de maladie témoignait de la détermination du Nigéria de « trouver un moyen d’aller de l’avant conformément à sa Constitution et dans le respect des principes démocratiques », en dépit du vide politique.

 

« Nous saluons l’attachement de tous les éléments de la société nigériane au processus constitutionnel et à l’État de droit », a dit M. Carson. « Nous continuerons de soutenir le peuple du Nigéria dans les efforts qu’il déploie dans le cadre de ses institutions démocratiques en vue de résoudre les problèmes auxquels cette grande nation est confrontée. »

 

Le secrétaire d’État adjoint a indiqué que durant son séjour au Nigéria il s’était entretenu avec des personnalités politiques, religieuses et civiles de tous horizons à propos de thèmes divers, notamment l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre la corruption et l’extrémisme violent et les élections nationales prévues pour avril 2011.

 

Les consultations de 2011 « doivent être loyales », a souligné M. Carson. Le Nigéria « ne peut pas se permettre une répétition des élections de 2007 », qui avaient été « compromises par une mauvaise organisation, une fraude généralisée et de nombreux incidents d’intimidation et de violence dirigés contre les électeurs, causant plus de 300 morts ».

 

Les élections qui se sont déroulées le 6 février dans l’État de l’Anambra, quoique jugées « crédibles », ont pâti « de carences logistiques et administratives », et seulement 16 % des électeurs y ont participé, a dit le haut responsable. « C’est là un domaine où la Commission nationale indépendante, dont la direction laisse à désirer, doit faire mieux », a-t-il estimé.

 

Les États-Unis appuient la campagne en faveur d’une réforme électorale dans le pays de diverses manières, notamment en faisant imprimer les recommandations de la Commission de la réforme électorale aux fins de distribution par des associations nigérianes et en organisant des conférences, des séminaires et d’autres activités sur cette question.

 

« Nous sommes prêts à fournir une assistance technique à la commission électorale nigériane, à condition qu’elle se montre disposée à remplir son rôle primordial consistant à renforcer l’administration du scrutin », a dit M. Carson.

 

Outre la nécessité d’une réforme électorale, M. Carson a fait état du fléau de la « corruption endémique » qui était l’un des principaux obstacles aux investissements privés américains, et de la mauvaise gouvernance qui avait creusé encore plus profondément l’abîme existant entre la richesse du pays en ressources naturelles (le Nigéria est notamment le premier producteur africain de pétrole) et la pauvreté de sa population.

 

« On ne fera guère de progrès en vue de réduire la mortalité infantile, de lutter contre la pauvreté, de créer des emplois et d’améliorer le climat des affaires en l’absence d’amélioration sur le plan de la gouvernance », a souligné le secrétaire d’État adjoint.

 

Selon ce dernier, les Nigérians n’ont pas apprécié que leur pays ait été inscrit à la liste des « pays à risque » (« Countries of interest ») par l’Administration fédérale de la sécurité des transports des États-Unis à la suite des actes de violence au Nigéria et de la tentative faite par un ressortissant de ce pays le 25 décembre 2009 de faire sauter une bombe à bord d’un avion à destination des États-Unis.

 

« Les Nigérians interprètent cela comme une punition collective pour les actes d’un fils égaré, alors qu’en fait ils partagent notre horreur face à cet attentat et apportent leur aide à l’enquête », a déclaré M. Carson.

 

« Je tiens à dire clairement que notre amitié et nos relations avec le Nigéria restent solides et qu’elles continuent à se fonder sur une vaste gamme de questions bilatérales importantes. »

 

Condamnant « la violence chronique, politiquement motivée et interconfessionnelle » qui sévissait dans l’État nigérian du Plateau, M. Carson a exhorté toutes les parties en cause à « faire face à cette hostilité entre les groupes religieux et ethniques et à traduire les auteurs de ces actes en justice ».

 

Les tensions au Nigéria septentrional « ont des sous-entendus religieux et sont perçues de l’extérieur comme des luttes entre chrétiens et musulmans » a-t-il dit. Pourtant, « le vrai conflit est d’ordre politique », a-t-il souligné, exhortant les chefs politiques nigérians à reconnaître ce fait et à s’entendre avec les chefs religieux nationaux pour promouvoir un dialogue qui permettrait de régler pacifiquement les problèmes.

 

SOURCE 

US Department of State


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