
Copenhague / Le groupe africain dit non a la mort annoncée du protocole de Kyoto
COPENHAGEN, Denmark, 15 décembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Dans une salle comble, le groupe africain a tenu aujourd’hui, lundi 14 Décembre 2009, au Centre de Conférence de Copenhague où se tient la Conférence des Etats Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP15), une réunion d’urgence consacrée à informer les membres du Groupe des derniers développements intervenus sur le processus de négociation, notamment la manœuvre visant à « tuer le Protocole de Kyoto». Il constitue l’instrument légal qui prévoit les engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période 2008 – 2012. La Convention (UNFCCC) qui reste de mise dans le processus, énonce, quant à elle, les principes généraux, sans aucune clause contraignante.
Convoquée à l’initiative du Président du Groupe africain, le Ministre algérien de l’environnement, la réunion à laquelle ont notamment pris part, la Présidente de l’AMCEN, la Commissaire de l’Union africaine pour l’agriculture et l’économie rurale ainsi que plusieurs ministres africains, a été l’occasion pour les négociateurs africains de reconfirmer la position de l’Afrique et surtout d’apposer une fin de non recevoir unanime à toutes les velléités cachées ou explicites de certaines parties de faire fi des règles élémentaires des négociations, en décidant, unilatéralement, contre le gré du Groupe africain, de retirer, purement et simplement, le Protocole de Kyoto de la table des négociations.
Les Ministres de l’environnement du Sénégal et du Kenya ont, à cette occasion, exhorté les négociateurs africains à être vigilants et à respecter les principes qui sous-tendent la position africaine, faute de quoi, ils risqueraient de se retrouver à apposer leurs signatures sur un document dont ils ignorent le contenu et la portée.
Cette position est soutenue par tous les Africains points focaux, les Ministres et les Chefs d’Etat,. Pour preuve, le Président de séance a informé la réunion que Nelson Mandela a adressé un message de soutien et d’appui aux négociateurs au nom de l’Afrique à la COP15.
Bien avant la réunion d’information, le Président du Groupe Africain, l’Algérien, Kemal Djemouai, avait déjà, donné le ton, lors de la conférence quotidienne de presse, en annonçant : « Ce n’est pas admissible par l’Afrique. La situation est inacceptable »
Il a indiqué que le fait d’aller vers un nouvel Accord nécessitera beaucoup de temps et énormément d’énergie. « L’actuel Accord de Kyoto nous a pris sept ans avant qu’il n’entre en vigueur » a-t-il relevé.
Il a, par ailleurs, déclaré aux journalistes africains et internationaux présents dans la salle des conférences de presse, «qu’après consultations, le Groupe Africain a unanimement décidé de réfuter le processus de négociation tel que présenté par la Présidente de la COP15, la ministre danoise de l’environnement, Mme Connie Hedegaard et qui écarte des discussions le Protocole de Kyoto. «Nous demandons le rétablissement des deux consultations informelles initialement prévues, celle portant sur le Protocole de Kyoto et celle sur la LCI» a, notamment dit M. Djemouai, en ajoutant que «si nous acceptons cette consultation informelle unilatéralement réduite à une piste unique, nous allons vers la perte de tous les acquis », «Le monde attend beaucoup de la COP15, l’Afrique attend davantage » a-t-il conclu.
En réponse a une question d’un journaliste, quant à la légitimité de la position du groupe africain, la représentante du Kenya, Mme Grace Akumu, membre du Panel africain présent à la conférence de presse, a indiqué que le Groupe africain parle au nom de tout le continent et qu’il est mandaté par les Chefs d’Etat et de Gouvernement. «Nous n’accepterons jamais de négocier sous de telles conditions», a-t-elle souligné en précisant que le Groupe des négociateurs africains est soutenu par tous les Leaders africains « tous sans exception aucune» a-t-elle affirmé.
SOURCE
African Union Commission (AUC)
