Posted by: africanpressorganization | 10 December 2009

Le Conseil de Sécurité examine l’impact du trafic de drogues sur la paix et la sécurité en Afrique / Les membres du Conseil réaffirment la nécessité de renforcer la coopération pour lutter collectivement contre ce problème et les activités criminelles connexes

 

 

 

 

Le Conseil de Sécurité examine l’impact du trafic de drogues sur la paix et la sécurité en Afrique / Les membres du Conseil réaffirment la nécessité de renforcer la coopération pour lutter collectivement contre ce problème et les activités criminelles connexes

 

 

NEW YORK, 10 décembre 2009/African Press Organization (APO)/ — Le Conseil de sécurité a souligné aujourd’hui, au cours d’un débat consacré à la question du trafic de drogues en tant que menace à la sécurité internationale, l’ampleur du trafic transfrontalier et transrégional de la drogue, qui touche en particulier l’Afrique de l’Ouest, et la nécessité de renforcer la solidarité et la coopération dans la lutte contre cette menace à la sécurité internationale.

 

Ce débat auquel ont pris part le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), M. Antonio Maria Costa, et une trentaine de délégations dont plusieurs au niveau ministériel, a été marqué par l’adoption d’une déclaration présidentielle lue par le Ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, M. Bedouma Alain Yoda. 

 

Par ce texte, le Conseil de sécurité, qui note le lien de plus en plus étroit entre le trafic de drogues et le financement du terrorisme, souligne qu’il importe de lutter contre le problème de la drogue dans le monde et les activités connexes sur la base d’une responsabilité commune. 

 

Le Secrétaire général qui intervenait après la lecture de la déclaration présidentielle, a déclaré que le caractère transnational de la menace signifie « qu’aucun pays ne peut la combattre seul », la lutte contre ce fléau nécessitant « une volonté politique constante et des ressources importantes ».  Le Secrétaire général a prôné une démarche internationale globale fondée sur la responsabilité des États qui doivent « échanger leurs informations, mener des opérations conjointes, se prêter une assistance mutuelle et mettre en place de nouvelles capacités ».

 

« L’Afrique a souffert de nombreuses tragédies mais jamais des conséquences du trafic de drogues », a déclaré, pour sa part, le Directeur exécutif de l’ONUDC, qui a noté que le continent africain était attaqué sur plusieurs fronts et confronté non seulement au trafic proprement dit mais également à la hausse de la production et au nombre croissant de toxicomanes. 

 

Attirant l’attention sur les conséquences graves en termes de santé, de développement et de sécurité de ce fléau sur les populations d’Afrique de l’Ouest, M. Antonio Maria Costa a mis l’accent sur le cas de la Guinée-Bissau, « plate-forme à partir de laquelle sont écoulées, chaque année sur le marché régional, environ 50 tonnes de cocaïne ».  M. Costa a en outre mis en garde contre les conséquences dévastatrices de l’extension du trafic de drogues aux pays du Sahel, « qui risque de renforcer davantage les organisations terroristes » opérant dans la région. 

 

Le Directeur exécutif de l’ONUDC qui a proposé la création d’un réseau de surveillance de la criminalité transsaharienne afin d’améliorer l’information, de contrôler les activités suspectes, de faciliter la coopération judiciaire et d’intensifier les efforts régionaux contre la criminalité organisée, a salué les initiatives menées par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), des États Membres et des institutions de l’ONU pour appréhender efficacement le phénomène et mobiliser les ressources adaptées à cette fin.  « Depuis la mi-2008, le trafic de cocaïne a cependant baissé et une réunion de donateurs, organisée conjointement par l’ONUDC et l’Autriche le 3 décembre à Vienne, a permis d’obtenir 15 millions d’euros pour aider la CEDEAO à réduire la vulnérabilité de la région au trafic de drogues et à la criminalité », a-t-il ainsi assuré.

 

Le Ministre du Royaume-Uni pour le développement international, M. Gareth Thomas, a estimé, de son côté, qu’en Afrique de l’Ouest, la criminalité organisée et le trafic de drogues ont le potentiel de « saper tous les efforts menés dans la région pour accélérer le développement, réduire la corruption et améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres ». 

 

Faisant siennes les recommandations figurant dans la déclaration présidentielle, il a invité le Secrétaire général de l’ONU à institutionnaliser la question du trafic de drogues et à envisager d’en faire un facteur des stratégies de prévention des conflits et d’évaluation et de planification des missions d’appui à la consolidation de la paix. 

 

Concernant les trois conventions des Nations Unies sur les stupéfiants, le Conseil de sécurité, dans sa déclaration, encourage les États parties à s’acquitter de leurs obligations et invite ceux qui ne l’ont pas encore fait à adhérer à ces instruments.  Il se dit également conscient du rôle majeur joué par les États et les organisations régionales et sous-régionales pour s’attaquer à la question du trafic de drogues sous tous ses aspects. 

 

La Commissaire chargée du développement et du genre de la CEDEAO, Mme Adrienne Diop, qui s’exprimait au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, M. Mohamed ibn Chambas, a rappelé que les chefs d’État et de gouvernement de la région avaient adopté récemment une Déclaration politique et un Plan d’action régional sur la prévention et la répression du trafic illicite de stupéfiants et de la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest. 

 

« Ce plan d’action inclut aussi des aspects de communication et de sensibilisation pour associer les médias, les organisations non gouvernementales, les institutions traditionnelles et les programmes de développement alternatif », a-t-elle précisé. 

 

Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité se dit conscient du rôle majeur joué par la société civile et les autres parties prenantes pour s’attaquer au trafic de drogues de façon globale.


SOURCE 

NATIONS UNIES


 


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