Posted by: fgomez1 | 18 September 2009

Intervention du Ministre Leterme lors de la présentation du livre “Réforme au Congo: attentes et désillusions”

 


 

 

Intervention du Ministre Leterme lors de la présentation du livre “Réforme au Congo: attentes et désillusions”

 

 

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 18 septembre 2009/African Press Organization (APO)/ — le Ministre a prononcé cette allocutions partiellement en néerlandais –

Présentation du livre “Réforme au Congo: attentes et désillusions”
Maison des Parlementaires
Intervention du Ministre des Affaires Etrangères, Yves Leterme
17 septembre 2009

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté de venir ici à la Maison des Parlementaires à la demande de Herman De Croo pour vous adresser ces quelques mots à l’ouverture de la séance de présentation du livre « Réforme au Congo : Attentes et Désillusions ».

J’ai accepté l’invitation, tout d’abord, parce que j’estime qu’il est important de mobiliser, illustrer et maintenir l’expertise belge sur la Région des Grands Lacs.

Ensuite, cette séance me donne l’occasion d’entendre d’éminents connaisseurs de la Région des Grands Lacs qui ont contribué à cet ouvrage confronter leurs analyses sur les différents chantiers de la réhabilitation de l’Etat Congolais.
En effet, les contributions des différents auteurs, allant des élections à la réforme du secteur de sécurité en passant par la réforme du secteur minier, mettent en évidence un éventail très varié des défis de cette vaste tache que constitue la reconstruction de l’Etat Congolais. Ces contributions permettront, j’en suis sûr, d’avoir une discussion très riche cet après-midi.

Mesdames, Messieurs,

Il n’est point mon intention de me prononcer aujourd’hui sur les conclusions générales de l’ouvrage qui sera présenté lors de cette séance. Si vous le voulez bien, je voudrais plutôt profiter de cette occasion pour mettre en avant quelques axes de base qui devraient a priori fonder la politique belge à l’égard du Congo. Ce sont des axes que je serai amené à peaufiner sur base de contacts futurs et de déplacements dans la région. Je me rends la semaine prochaine à New York pour participer à l’Assemblée Générale des Nations Unies et j’aurai le plaisir d’y avoir un premier contact avec mon homologue congolais, Alexis Thambwe. J’espère que ce premier contact pourra être suivi assez vite d’un premier déplacement dans la région.

Mesdames, Messieurs,

L’approche générale est celle d’un partenariat d’égal à égal.

En tant que Premier Ministre, j’ai activement œuvré en faveur de la normalisation des relations entre la Belgique et la RDC. Ces démarches ont abouti le 24 janvier dernier, à la signature par les Premiers Ministres de la République Démocratique du Congo et du Royaume de Belgique d’une déclaration commune dans laquelle ils ont convenu de quatre points :
- normaliser les relations entre les deux pays ;
- instaurer et entretenir entre eux un dialogue franc, ouvert et constructif ;
- gérer ces relations conformément aux principes de l’égalité souveraine et de la réciprocité ;
- et enfin redynamiser la coopération au développement.

Comme moi, vous comprenez immédiatement que l’approche décrite dans cette déclaration est fondamentale si nous voulons à l’avenir éviter de nouveaux malentendus. Certes, les relations entre nos deux pays sont parfois comparées à des relations de famille avec leurs hauts et leurs bas. Il ne vous aura pas échappé, je crois, que nous sortons à peine d’un moment de bas. Je suis bien sûr heureux que nous en soyons sortis, mais je pense surtout que nous devrions tout mettre en œuvre pour briser ce cycle récurrent de « ups » et de « downs ». Il faut à mon avis apporter plus de sérénité dans nos relations. L’an prochain, la célébration du 50ième anniversaire de l’indépendance du Congo sera un moment idéal pour contribuer à l’instauration de telles relations sereines et décomplexées. C’est en tout cas ma vision de la chose et mon souhait.

Pratiquement, nous devons donc arriver à une meilleure compréhension mutuelle et en tirer les conséquences nécessaires en termes d’action et de coopération. La Belgique est supposée comprendre, mieux que d’autres, la mentalité congolaise et servir de pont vers d’autres acteurs, en particulier occidentaux. Mais de leur part, les Congolais peuvent aussi entreprendre plus d’efforts afin d’intégrer davantage nos réflexes et mentalités : il faudrait parvenir à ce que les Anglais appellent « a meeting of the minds ». A cet égard, je voudrais ici en particulier faire référence à la contribution de Lye Yoka intitulée « Kinshasa : bien-être et développement ? Bien-être ou développement ? ». Cette contribution m’a interpellé car elle fait ressortir toute l’importance de bien comprendre la façon dont l’action de la communauté internationale est comprise, perçue et accueillie par les Congolais. Dans ce contexte, il faut éviter de se faire des idées erronées sur ce que la population considère elle-même comme son bien-être. On retrouve aussi ce message fondamental dans la fable populaire « Le crocodile et le scorpion » placée en introduction du livre. Et je me réjouis donc de voir combien les discussions bilatérales autour de la définition de nos actions dans le domaine de la coopération pour les années à venir constituent déjà un bel exemple de cette prise en compte de l’autre.

Il faut ensuite, Mesdames, Messieurs, apporter de la cohérence dans nos actions.

Dans cet esprit, les Ministres du gouvernement belge doivent accepter pleinement d’agir dans le cadre d’une telle approche et d’un tel partenariat. La République démocratique du Congo est trop importante pour la Belgique et sa politique étrangère pour que nous acceptions des manquements à cette nécessaire cohérence. Il va sans dire que j’essaierai moi-même d’œuvrer au maximum dans ce sens.

Au-delà de la cohérence purement belge, j’estime que notre action doit s’imbriquer dans une action européenne, voire globale, dont la Belgique peut sûrement avoir l’ambition d’être le moteur. Ceci est d’autant plus essentiel que la Belgique occupera la Présidence de l’Union européenne pendant la deuxième moitié de l’année 2010, année symbolique pour la RDC puisqu’elle fêtera le 50ième anniversaire de son indépendance.

Au moment où je commence mon mandat de Ministre des Affaires Etrangères, j’ai bien sûr en tête une certaine image de l’action que la Belgique a menée ces dernières années, de la situation dans laquelle le Congo se trouve actuellement et de certains grands défis qui se posent. C’est une image encore partielle que je serai bien évidemment amené à revoir à l’avenir. Je tiens cependant à vous livrer ici l’image que j’ai aujourd’hui à l’esprit.

Wat dit optreden van België betreft, heb ik de indruk dat men van Congolese zijde soms van mening is dat België bepaalde cruciale afspraken heeft gemist.

België, van zijn kant, is er dan weer van overtuigd een ambitieuze agenda voor Congo te hebben nagestreefd, dit op basis van een strategische visie met als rode draad een prioritaire aandacht voor Congo. Van tijd tot tijd heeft ook België het gevoel gehad dat zijn inspanningen niet voldoende beantwoord werden.

Wat er ook van zij, men kan er niet omheen dat België de voorbije jaren een actieve rol heeft gespeeld ter ondersteuning van de inspanningen van de Congolese regering met het oog op de terugkeer van vrede en stabiliteit in de DRC. Zonder veel moeite kan ik dan ook een aantal concrete voorbeelden hiervan aanhalen :
Toen de DRC zich in het jaar 2000 nog volop in een toestand van burgeroorlog bevond, verlaten door zijn grote internationale partners, is het België dat op dat ogenblik het initiatief genomen heeft om de DRC weer op de agenda te plaatsen van de internationale gemeenschap. Deze inspanningen hebben vervolgens geleid tot de aanzet van een onderhandelingsproces met de actieve betrokkenheid van onze Afrikaanse regionale partners, wat dan is uitgemond in de transitieperiode.

Gedurende dit onderhandelingsproces heeft België voortdurend op constructieve wijze zijn goede diensten aangeboden en heeft het bijvoorbeeld in januari 2002 een vergadering belegd van wat genoemd werd “de niet gewapende geledingen” opdat ook zij zich zouden kunnen inschrijven in het transitieproces.

Vanaf de aanvang van de Transitie, hebben onze inspanningen zich gericht op de consolidatie van leefbare republikeinse instellingen en heeft België actief deelgenomen aan de werkzaamheden van het Internationale Comité ter Begeleiding van de Transitie, beter gekend onder zijn Franse afkorting “CIAT”.

België heeft vervolgens een eersterangsrol gespeeld bij de mobilisering van de steun van de internationale gemeenschap ten gunste van de organisatie van de verkiezingen in 2006 en heeft hiertoe zelf ook substantieel bijgedragen.

Ook op het vlak van de hervorming van het leger, was België één van de eersten om een concreet vormingsprogramma voor geïntegreerde brigades op te zetten hetgeen later voortgezet werd onder de vorm van een militair partnerschap dat nog steeds lopende is.

Op economisch vlak vonden er economische en commerciële zendingen plaats ; een bijzondere aandacht ging hierbij naar de maritieme transportsector, met een uitgesproken wil om te kunnen bijdragen tot de herlancering van de haven van Matadi.

Onze bilaterale samenwerking werd op zeer substantiële wijze verhoogd met als gevolg dat Congo de voornaamste begunstigde van Belgische bilaterale hulp is geworden.

Na de verkiezingen werd de DRC geconfronteerd met aanhoudende instabiliteit in de Oostelijke provincies. Door een actieve deelname aan de werkzaamheden van de Conferentie van Goma, heeft België willen bijdragen tot vreedzame oplossingen voor het conflict.

Ik zou tenslotte ook het Belgische optreden in de Veiligheidsraad willen vermelden in de periode 2007-2008 waar België een actieve inbreng heeft gehad in de formulering van een robuuster mandaat voor de vredesoperatie MONUC.

Il est de mon intention de m’inscrire dans cette ligne. Plusieurs défis qui pourraient mobiliser l’action de la diplomatie belge dans les mois à venir, se posent cependant. Je n’ai ici pas l’intention d’être exhaustif mais voudrais néanmoins aborder la question de la stabilité à l’Est de la RDC, celle des défis macro-économiques et celle de la consolidation du processus de démocratisation.

Tout d’abord, il y a la question de la situation à l’Est du Congo. On me signale que la situation y évolue assez favorablement depuis quelques mois, en particulier depuis l’amorce fin 2008 du rapprochement Kinshasa-Kigali. L’opération militaire conjointe (Rwanda-RDC) Umoja Wetu au Nord Kivu a permis une augmentation du nombre de retours des FDLR. Dans le sillage d’Umoja Wetu, l’opération lancée par l’armée congolaise (et soutenue par la MONUC) Kimia II a été lancée. Au-delà de nos préoccupations au niveau humanitaire, qui sont d’ailleurs partagées par le gouvernement congolais, ces opérations laissent clairement entendre que les FDLR sont maintenant indésirables en RDC. Il faut souligner que ce changement sur le terrain augmente la pression sur les pays occidentaux ¿en particulier européens- afin de mettre un terme à l’action mobilisatrice des responsables FDLR qui se trouvent chez eux.

Le rapprochement de la RDC avec ses pays voisins est le fruit d’une politique étrangère de la RDC de plus en plus active. Le résultat le plus significatif de cette action diplomatique est naturellement le rapprochement historique avec l’ennemi d’hier, le Rwanda. Commencé avec l’opération Umoja Wetu, il a culminé le 6 août 2009 par la rencontre historique entre les Présidents Kabila et Kagame. On peut espérer que ce rapprochement soit durable et amorce une ère de stabilité et de paix. Ce rapprochement s’est en tout cas déjà traduit par une relance de la CEPGL (Communauté Economique des pays des grands Lacs) grâce au retour des Congolais dans les instances de cet organisme, par une collaboration militaire accrue et surtout par la relance des relations diplomatiques. Ce sont des développements qui je souhaite soutenir pleinement.

Ensuite, la RDC, comme tout pays d’ailleurs, doit faire face à la crise internationale financière. La chute des cours mondiaux en 2008 ont durement frappé les Etats exportateurs de ressources naturelles parmi lesquels la République Démocratique du Congo. Ces chocs externes ont eu un effet négatif sur la balance des paiements et le budget de l’Etat congolais.

Grâce aux interventions du FMI et de la Banque Mondiale, la chute du franc congolais a pu être enrayée et la situation redressée.

Le budget limité de l’Etat congolais et les nombreuses contraintes dont il fait l’objet, font que les moyens à disposition de l’Etat sont faibles. Il est clair que des améliorations au niveau de la gestion constituent une partie de la réponse à apporter. Mais un appui supplémentaire des organisations financières internationales s’impose. Depuis 2006, la RDC négocie avec le FMI une nouvelle facilité financière sous forme de programme triennal pour la croissance et la réduction de la pauvreté. La conclusion d’un tel accord semble maintenant possible moyennant une adaptation du taux de concessionalité des « contrats chinois » et je m’en réjouis.

Au-delà du chantier de la réforme du secteur de la sécurité où il est important de progresser dans les années à venir, mon pays restera également très attentif à la consolidation du processus de démocratisation en RDC. Sur ce point, la tenue des élections locales constitue une étape particulièrement importante. Nous attendons à cet égard l’annonce prochaine du calendrier des élections locale par les autorités congolaises. La Belgique est en tout cas disposée à soutenir ce processus, y compris financièrement, et a déjà consenti des contributions au fonds fiduciaire établi à cet effet.

Je voudrais sous ce chapeau également souligner l’importance du travail du Parlement congolais, que ce soit de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Il y a le travail législatif d’une part mais d’autre part également la diplomatie parlementaire qui dans la région des Grands Lacs est d’autant plus importante. Les contacts entre parlements belges et congolais se sont révélés très utiles.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais terminer mon intervention introductive en soulignant l’engagement belge à apporter une contribution active au chantier de la reconstruction de l’Etat congolais.

Des efforts considérables ont été menés ces dernières années par les autorités congolaises et ses partenaires. Des progrès significatifs ont été réalisés mais il faut plus car « Faire de son mieux » n’est simplement pas suffisant vu l’énormité de la tâche. Il importera de faire mieux et ceci dans le cadre d’une approche globale de partenariat d’égal à égal dans laquelle la Belgique veut s’inscrire pleinement.

Je vous remercie.

 

SOURCE 

Belgium – Ministry of Foreign Affairs


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