
France / Discours de M. le Président de la République / XVIIème conférence des ambassadeurs
PARIS, France, 28 août 2009/African Press Organization (APO)/ — Palais de l’Elysée – Mercredi 26 août 2009
Extraits relatifs à l’Afrique
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Avec le Royaume uni, nous plaidons pour une réforme intérimaire du Conseil de Sécurité. Pas un pays d’Afrique membre permanent, un milliard habitants. On ne peut pas en rester à la grille de lecture du lendemain
de la Seconde Guerre mondiale ! Il y a quand même un certain nombre de choses qui se sont passées depuis 60 ans et la légitimité – je l’ai dit au Secrétaire général BAN Ki Moon des Nations unies – tient à l’élargissement du Conseil de Sécurité et du nombre des membres permanents.
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Nous nous mobiliserons aussi pour soutenir l’Afrique face à la menace croissante d’Al Qaïda, Alain JOYANDET le sait mieux que moi, que ce soit au Sahel ou en Somalie. Ce qui vient de se passer ces derniers mois, notamment au Mali, au Niger et en Mauritanie est un signal clair, très clair. La France ne laissera pas Al Qaïda installer un sanctuaire à notre porte, en Afrique. Là aussi, le message doit bien être reçu.
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Je terminerai par là. 2010 sera une année importante pour la relation entre l’Afrique et la France : 14 anciennes colonies françaises célèbreront le cinquantième anniversaire de leur indépendance. Ce sera donc une année dediée à la fidélité dans l’amitié et la solidarité. Et je souhaite que 2010 signale aussi l’achèvement d’une rénovation profonde de nos relations avec le continent africain.
Deux temps forts marqueront à la fois cette fidélité et ce renouveau. Le Sommet Afrique-France qui se tiendra au début de l’année en Egypte. Je souhaite que soient étroitement associés à sa préparation les acteurs non gouvernementaux. Le Sommet proprement dit étant la composante officielle d’un processus plus large sur lequel Bernard KOUCHNER et Alain JOYANDET travaillent.
Le 14 juillet verra défiler sur les Champs-Elysées des contingents des anciens territoires de l’Afrique sub-saharienne qui ont contribué à la libération de notre pays lors des deux conflits mondiaux. Tous les Chefs d’Etat concernés seront conviés. La France sait ce qu’elle doit à l’Afrique : elle lui exprimera sa gratitude. Et cette manifestation sera également tournée vers l’avenir. A la fin de cette année, les accords de défense qui nous lient à huit pays africains auront tous été renégociés dans une perspective radicalement nouvelle : la France conçoit son rôle comme un appui à la création de forces africaines capables d’assurer collectivement la sécurité de leur continent, dans le cadre de l’initiative de défense de l’Union africaine.
Les instruments de notre présence économique, eux aussi, seront profondément rénovés, dans un contexte d’accentuation de notre effort d’aide publique : malgré la crise, notre aide passera de 0,38% en 2007 à 0,44% de notre PIB en 2009. 60% de ce total ira à l’Afrique. 12 km entre l’Afrique et l’Europe, nous ne pouvons pas laisser tomber l’Afrique.
A ma demande, l’Agence Française de Développement a créé un fonds de soutien à l’initiative privée à hauteur de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans. Le secteur privé doit répondre à tout ceci.
Et c’est la meilleure réponse aux soupçons injustes mais trop répandus d’exploitation à leur seul profit des ressources africaines.
Ce n’est pas si simple de rénover nos relations avec l’Afrique. Et je mets au défi quiconque de m’expliquer qu’on peut le faire d’un coup de baguette magique. Si on ne s’occupe pas de l’Afrique, on est irresponsable car on ne prépare pas l’avenir et on est accusé à ce moment là de nous désintéresser.
Si on s’en occupe, on est très facilement accusé d’ingérence. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas le faire, il faut le faire. L’avenir de l’Europe se joue en partie aussi en Afrique.
Pour piloter cette année exceptionnelle, j’ai demandé à Jacques TOUBON d’animer une structure interministérielle.
Par ailleurs, j’ai choisi Jean-Pierre RAFFARIN pour être mon représentant personnel auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il préparera, avec autorité et la passion que chacun lui connaît, le prochain sommet, autre temps fort de l’année 2010.
Cela veut dire aussi, en Afrique trouver de nouveaux partenaires : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigéria. Ce n’est pas parce que ce ne sont pas des pays qui ont connu la colonisation française que nous devons nous interdire de dialoguer avec eux et d’avoir même un partenariat stratégique avec eux.
SOURCE
Présidence de la République française
