
Le Procureur de la CPI à la rencontre des communautés locales en RDC
KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 9 juillet 2009/African Press Organization (APO)/ — ICC-OTP-20090709 –PR435
Luis Moreno-Ocampo, le Procureur de la Cour pénale internationale, est arrivé le 8 juillet à Bunia à l’occasion d’une visite de trois jours qu’il mène dans la région de l’Ituri, en République démocratique du Congo. Il y rencontrera des dirigeants et des représentants de toutes les communautés et plusieurs réunions-débats seront organisées pour lui permettre d’engager un dialogue avec des victimes, des représentants de la société civiles et la population locale. Il participera de surcroît à une réunion publique qui sera radiodiffusée.
Le Procureur a insisté sur le fait que sa visite n’avait aucun rapport avec les suspects qu’il poursuivait et n’avait pas pour but de recueillir de nouveaux éléments de preuve, ajoutant que ceux-ci « devraient donner lieu à un débat dans le prétoire. Je suis venu ici pour écouter la population. Cette visite n’a d’autre objectif que de me permettre de comprendre les besoins des victimes et de voir comment exercer au mieux le mandat de poursuivre les auteurs des crimes qui m’a été confié afin d’aider les communautés touchées à reconstruire leur vie. » Pour le Procureur, ce n’est pas un groupe en particulier qui a été la victime du conflit, mais bien l’Ituri dans son ensemble.
La CPI peut contribuer à la justice, à la paix et à la réconciliation en RDC, ce que le Procureur a voulu mettre en évidence lorsqu’il a déclaré : « Nous poursuivons les personnes qui portent la responsabilité la plus lourde pour les crimes commis en Ituri, mais notre mission consiste aussi à mettre fin à l’impunité et empêcher ainsi que de nouveaux crimes soient commis. » Le Procureur s’est dit fier des résultats obtenus par la Cour jusqu’à présent, le procès de l’ancien chef de milice Thomas Lubanga Dyilo avançant bien et celui de Germain Katanga et de Mathieu Ngudjolo devant débuter en septembre. Pour lui « ces procès permettent de lever le voile sur la souffrance des victimes et peuvent aider toute une population frappée par la guerre à panser ses plaies. Gardons-nous cependant de nous reposer sur nos lauriers : certains témoins ont subi des menaces pour avoir témoigné à La Haye. Les responsables des différentes communautés ne peuvent tolérer cette situation. La justice n’a pas vocation à assouvir une vengeance, mais bien à permettre à tous les citoyens de coexister. »
La Cour pénale internationale est une juridiction indépendante et permanente qui mène des enquêtes et engage des poursuites à l’encontre de personnes accusées des crimes les plus graves ayant une portée internationale, à savoir le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Après que les autorités de la RDC ont renvoyé la situation dans le pays à la CPI, le Procureur a ouvert la toute première enquête de cette institution le 23 juin 2004. Elle portait sur les crimes graves qui auraient été commis sur le territoire de la RDC depuis le 1er juillet 2002 et s’est concentrée dans un premier temps sur ceux perpétrés dans la région de l’Ituri.
SOURCE
International Criminal Court (ICC)
