
Zimbabwé / ONU / Le Conseil de sécurité de l’ONU ne réussit pas à voter une résolution contre le Zimbabwé / De hauts responsables des États-Unis expriment leur déception
WASHINGTON, USA, 17 juillet 2008/African Press Organization (APO)/ — Déçus du rejet par le Conseil de sécurité de l’ONU du projet de résolution qui condamnait les dirigeants du Zimbabwé et qui prévoyait des sanctions, de hauts responsables américains ont déclaré qu’ils continueraient de chercher les moyens de faire pression sur le gouvernement du président Robert Mugabe pour qu’il mette fin à la violence dirigée contre l’opposition et qu’il entame des négociations.
Le porte-parole du département d’État, M. Sean McCormack, a déclaré, le 14 juillet, que les États-Unis étaient en pourparlers avec d’autres États au sujet des mesures à prendre à l’égard du Zimbabwé.
« Nous allons continuer, a-t-il dit, de chercher en collaboration avec nos partenaires au sein de la communauté internationale les moyens d’exercer des pressions sur le gouvernement zimbabwéen de manière à ce que le peuple zimbabwéen puisse commencer à rétablir sa démocratie et à reconstruire son pays. »
« Il est clair que nous sommes déçus par les résultats du vote », a-t-il dit en ajoutant que les membres du Conseil de sécurité avaient fait un choix très clair et que ceux qui avaient voté contre le projet de résolution le 11 juillet se trouvaient « du mauvais côté de l’histoire ».
Le projet de résolution était destiné à s’attaquer à la violence politique et aux mesures d’intimidation dirigées contre les membres et les partisans du parti de l’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui a remporté les élections législatives en mars, mais dont le candidat à la présidence s’est retiré avant le second tour de scrutin de l’élection présidentielle en juin, face au harcèlement incessant et aux assassinats commis par des partisans du ZANU-PF, le parti du président Mugabe.
Ce projet de résolution, qui prévoyait un embargo sur les livraisons d’armes au Zimbabwé et l’interdiction des déplacements à l’étranger du président Mugabe et de treize de ses collaborateurs les plus proches, a été voté par la majorité des membres du Conseil de sécurité, mais la Chine et la Russie y ont opposé leur veto.
Le représentant permanent des États-Unis auprès de l’ONU, M. Zalmay Khalilzad, a déclaré, le 11 juillet, que la Chine et la Russie avaient défendu M. Mugabe et non pas le peuple zimbabwéen en opposant leur veto au projet de résolution « pour des raisons sans rapport avec la situation dans le pays ».
Dans la déclaration qu’il a faite après le vote, M. Khalilzad a dit que le veto de la Russie était « particulièrement surprenant et inquiétant » étant donné qu’elle s’était jointe aux autres membres du groupe des huit grands pays industriels (G8) pour condamner dans une déclaration le gouvernement Mugabe et qu’elle s’était engagée à prendre des mesures supplémentaires, notamment des mesures financières, contre les responsables de la violence d’ordre politique. Ce veto, a-t-il ajouté, « soulève des questions au sujet de la fiabilité de la Russie en tant que partenaire au sein du G8 ».
Il n’y a aucun doute que ce qui se passe au Zimbabwé a une incidence sur la paix et la sécurité en Afrique, a-t-il fait remarquer en citant les récentes déclarations de l’Union africaine et le fait que trois États membres africains du Conseil de sécurité (le Libéria, la Sierra Léone et le Burkina Faso) figuraient parmi les auteurs du projet de résolution.
Malgré ce que dit l’Afrique du Sud, a-t-il indiqué, il n’y a pas de négociations importantes entre le gouvernement Mugabe et le MDC, et, si elle avait été adoptée, la résolution aurait incité M. Mugabe à négocier sérieusement.
La conduite de l’Afrique du Sud, qui a également voté contre la résolution, est « particulièrement préoccupante » étant donné le rôle que les sanctions de la communauté internationale ont joué dans les années 1980 pour inciter le gouvernement sud-africain à mettre fin à l’apartheid. « Si l’on n’exerce pas de pressions, M. Mugabe ne va pas être incité à coopérer comme il faut », a-t-il fait remarquer.
Sous la direction du président Thabo Mbeki, le gouvernement sud-africain protège « un horrible régime au Zimbabwé », a-t-il dit en ajoutant que les efforts de médiation du président de l’Afrique du Sud entre le ZANU-PF et le MDC avaient été jusqu’ici un échec et qu’ils devaient être appuyés par des mesures de la communauté internationale, comme la nomination d’un représentant spécial du secrétaire général de l’ONU.
Des personnalités sud-africaines, telles que le président du Congrès national africain, M. Jacob Zuma, l’archevêque Desmond Tutu et des syndicalistes, se sont élevées contre la position de l’Afrique du Sud, mais le président Mbeki tient peu compte des opinions exprimées à ce sujet dans son pays, a-t-il indiqué.
Enfin, M. Khalilzad a exprimé l’espoir que le peuple zimbabwéen tirerait réconfort du fait qu’une bonne majorité des membres du Conseil de sécurité de l’ONU l’ont défendu et qu’ils vont continuer de le faire.
SOURCE : US Department of State









