Côte d’Ivoire / Mission du FMI en Côte d’Ivoire
La mission a constaté que la reprise économique se poursuit dans un environnement conjoncturel international porteur pour la Côte d’Ivoire, avec notamment des prix élevés sur les marchés mondiaux pour le pétrole et le cacao. La croissance du PIB en termes réels est projetée de doubler pour atteindre 3 pourcent en 2008. La flambée des prix alimentaires mondiaux a cependant contribué à une accélération de l’inflation.
En ce qui concerne l’exécution du Budget pendant les premiers mois de 2008, les dépenses ont été maintenues à l’intérieur des enveloppes budgétaires tandis que les revenus ont atteint les objectifs. Cependant la mission a exprimé son inquiétude quant à l’éventualité de dépassements sur les subventions en gaz au secteur de l’électricité et le risque de manques à gagner pendant le reste de l’année au niveau des recettes, en partie liés aux retards dans les contributions au Budget par la société nationale de pétrole. Elle a également noté le risque d’une nouvelle accumulation d’arriérés intérieurs.
La mission s’est félicitée de la détermination des autorités à prendre des actions remédiaires pour s’assurer que les objectifs budgétaires, y compris ceux pour les dépenses sociales et de sortie de crises soient atteints. Elle a souligné la nécessité de mobiliser la plus-value provenant de prix de pétrole plus élevés et d’accélérer le redéploiement de l’administration fiscale dans les zones Centre-Nord-Ouest. Elle a également conseillé de limiter les subventions au secteur de l’électricité et de sauvegarder les recettes provenant des taxes sur les produits pétroliers. Cela permettra également d’allouer des ressources adéquates pour alléger l’impact de la hausse des prix alimentaires sur les couches les plus vulnérables de la population.
La mission s’est félicitée des progrès importants au niveau de la transparence et de la bonne gouvernance budgétaire. Les actions récentes portent sur la publication trimestrielle des états d’exécution budgétaire, des rapports sur les prélèvements parafiscaux sur le cacao et leur utilisation et des rapports sur les flux financiers dans le secteur de l’énergie. La mission s’est également félicitée de l’utilisation des prélèvements sur le cacao pour améliorer les infrastructures de base et sociales en milieu rural par le Fonds d’Investissement en Milieu Rural (FIMR), ainsi que des progrès dans la mise en œuvre des procédures de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Cependant, la mission a relevé des retards dans l’initiation des audits indépendants de certaines entreprises publiques et la préparation d’un nouveau cadre institutionnel et réglementaire dans le secteur café/cacao.
La mission a réitéré l’importance de mettre pleinement en œuvre le programme AUPC 2008 afin de renforcer la relance économique et de s’assurer de l’appui continu des bailleurs de fonds pour les programmes de sortie de crise. Cela permettra également de jeter les bases pour un programme 2009-11 qui pourrait être appuyé par la FRPC du FMI. La mission encourage les autorités à finaliser l’élaboration du DSRP qui aura fait l’objet de larges consultations avec la population. Une mise en œuvre solide du programme pourrait également ouvrir la voie vers le point de décision sous l’Initiative PPTE en même temps que l’approbation d’un accord FRPC. Les discussions sur un tel accord devraient continuer dans les mois à venir.
SOURCE : International Monetary Fund (IMF)