Conseil d’administration du 29 mai 2008
Appui à la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, soutien aux organisations agricoles et formation de personnel de santé en Afghanistan, efficacité énergétique en Thaïlande, protection des écosystèmes forestiers au Gabon, au total, l’Agence Française de Développement engage 213 millions d’euros en faveur des pays en développement et émergents.
Afrique de l’Ouest : sécurité alimentaire par l’appui aux organisations agricoles
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 3 millions d’euros à l’association Inter-réseaux Développement Rural pour faciliter l’implication des organisations agricoles dans la définition et la mise en œuvre des politiques de développement rural en Afrique sub-saharienne.
En raison de sa croissance démographique et urbaine, l’équilibre alimentaire du continent africain nécessite, pour être pérenne, une forte augmentation de sa production agricole, et à des coûts économiques et écologiques réduits. Répondre à ces enjeux suppose des évolutions fortes et rapides des économies rurales et de leurs principales composantes, les exploitations agricoles familiales. Le développement de ces agricultures ne peut s’envisager sans la mise en œuvre de politiques d’accompagnement, élaborées avec les principaux acteurs concernés que sont les organisations paysannes et rurales.
Le projet vise à faciliter l’implication de ces organisations et à accroître et à améliorer leur influence sur les centres de décision politiques concernant le développement agricole et rural en Afrique de l’Ouest.
Gabon : Protection des écosystèmes forestiers
L’AFD a accepté de mettre en œuvre un mécanisme de conversion de dettes d’aide publique au développement, d’un montant de 50 millions d’euros, de la République gabonaise envers l’Etat français.
Cette conversion de dettes est destinée à financer des études et des projets dans le domaine du développement durable des écosystèmes forestiers. Les projets éligibles pourraient concerner, entre autres, la définition et la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour éviter la déforestation, la gestion des parcs nationaux et le développement de l’écotourisme.
Afghanistan : développement de coopératives horticoles
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 6,4 millions d’euros à la République islamique d’Afghanistan pour le développement de coopératives horticoles autour de Kaboul.
La population de Kaboul, qui est passée de 200.000 habitants avant la guerre à environ 4,5 millions d’habitants, devrait atteindre 6 millions dans les dix ans à venir. Cet accroissement très important s’explique par l’arrivée de réfugiés, l’exode rural, le climat d’insécurité qui se développe dans le sud du pays et la forte concentration d’organismes internationaux dans la capitale. Le développement de la ville a entraîné un développement continu de son marché, mais qui ne profite pas aux filières agricoles, compte tenu de leur organisation actuelle. Le gouvernement afghan souhaite que le mouvement coopératif agricole joue un rôle central dans le développement de ce secteur.
Le concours de l’AFD permettra d’aider les coopératives à apporter des services à leurs adhérents, élaborer des plans de développement et les réaliser. Il participera à l’augmentation du volume et à l’amélioration de la qualité de la production dans les régions périphériques de Kaboul. Il permettra aussi un meilleur approvisionnement de la capitale, augmentera éventuellement les exportations et contribuera ainsi à la réduction de la pauvreté.
Afghanistan : formation de personnel de santé
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 2 millions d’euros à la Fondation Aga Khan en faveur de l’Institut Médical Français pour l’Enfant (IMFE), à Kaboul.
Plus de 3.000 enfants ont été soignés et opérés dans cet hôpital. Depuis son ouverture, des missions de spécialistes français (chirurgiens, médecins, infirmiers, ingénieurs…) se succèdent sur place pour soigner des enfants et partager leur savoir-faire avec leurs confrères afghans.
La construction de l’institut, réalisée grâce à des financements français, a été pilotée par l’ONG Enfants afghans. Sa gestion a été confiée à deux organismes qui dépendent de la Fondation Aga Khan. L’ONG française Chaîne de l’Espoir assure la gestion des activités médicales de cet institut.
Le projet permettra la formation des personnels médicaux et para-médicaux.
Burundi : aide budgétaire
L’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 2 millions d’euros à la République du Burundi pour soutenir son budget 2008 de stabilisation macro-économique.
Le Burundi est sorti très appauvri de dix ans de conflit, avec plus des deux tiers de sa population vivant sous le seuil de pauvreté et un PIB par tête et des indicateurs sociaux parmi les plus bas du monde. La période de transition s’est traduite par une reprise de la croissance, qui reste cependant insuffisante et trop aléatoire pour réduire réellement la pauvreté. La situation des finances publiques reste fragile, malgré un taux de prélèvement obligatoire relativement élevé (19,1% dans le budget 2008).
Le plan d’actions prioritaires présenté aux bailleurs de fonds pour la période 2007/2010 a fait apparaître un besoin considérable de financements, à la fois pour l’investissement et le bouclage du budget. La contribution française, mise en œuvre par l’Agence, sera affectée au secteur éducatif.
Thaïlande : efficacité énergétique dans l’habitat
L’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 1,96 million de THB (soit l’équivalent de 40 millions d’euros) à la Government Housing Bank (GHB) pour le financement de projets d’efficacité énergétique dans le logement.
La Thaïlande, dont les énergies fossiles représentent 97% de sa consommation énergétique, est l’un des pays dont l’intensité énergétique, et notamment carbone, est l’une des plus forte d’Asie. Parallèlement, en important 60% de son énergie, il subit l’envolée des cours du pétrole (sa facture énergétique totalisait 13% du PIB en 2006). L’habitat, qui utilise à lui seul 14% de l’énergie consommée, apparaît, avec le secteur des transports, le plus prometteur en matière d’économie.
Le projet vise à démontrer aux professionnels de l’habitat et aux acquéreurs de logements qu’une démarche « Haute Efficacité Energétique » permet de générer une économie de 30 à 40%, avec un surcoût de construction et d’équipement inférieur à 5% du coût standard. Le prêt sera octroyé à la GHB, leader du crédit au logement en Thaïlande, qui le rétrocèdera sous forme de prêts, essentiellement à des particuliers accédant à la propriété. L’intégralité de la bonification sera transférée aux emprunteurs finaux. Une assistance technique, financée par l’AFD et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), accompagnera la GHB pour la sélection des projets, le montage des financements et pour la formation et la communication sur cette démarche.
Chine : efficacité énergétique dans le secteur ferroviaire
L’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 80 millions d’euros à la République populaire de Chine pour la construction d’une ligne ferroviaire électrifiée entre Hengyang (Hunan) et Liuzhou (Guangxi) et la mise en œuvre d’un programme d’efficacité énergétique dans le secteur ferroviaire chinois.
Le Ministère des chemins de fer chinois figure parmi les plus gros consommateurs mondiaux d’énergie fossile ; il représente environ 10% du total des hydrocarbures importées en Chine. Ce Ministère va engager annuellement plusieurs milliards d’euros d’investissements, dans une logique d’expansion et d’électrification de son réseau, en réponse à une demande de transport en très forte croissance. Cette politique, plus efficace énergétiquement que les modes routiers et aériens, illustre la volonté chinoise d’agir sur l’empreinte énergétique de son économie, dans le contexte de flambée des prix des hydrocarbures.
Le concours de l’AFD concerne la construction d’une double voie électrifiée de 500km. Une enveloppe a été réservée à la formation des personnels pour réduire la consommation énergétique liée à l’exploitation de la ligne.
Turquie : financement des municipalités
L’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 80 millions d’euros à la Denizbank pour le financement des investissements des municipalités turques.
L’autonomie financière des municipalités turques est encore limitée, leur accès à des financements d’emprunt restant fortement dépendant de fonds ou de mécanismes publics. Par ailleurs, les banques commerciales sont peu nombreuses à vouloir se positionner comme acteur de leur financement, les marges étant estimées trop faibles au regard du coût de l’investissement nécessaire en formation du personnel et en analyse et en suivi des risques.
Le soutien de l’AFD permettra de financer principalement les projets d’infrastructures des municipalités secondaires, tout en répondant aux besoins des municipalités métropolitaines. La Denizbank devra se montrer sélective et réserver ce concours à des domaines prioritaires permettant la mise aux normes des équipements et le développement des services liés à l’environnement urbain (secteurs de l’eau, des déchets, les routes, les transports collectifs…). L’emploi de cette ligne devrait en outre inciter les autres banques commerciales turques à intervenir dans le secteur local, ce qui permettra le développement progressif d’un marché du crédit municipal en Turquie.
Etablissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit, depuis plus de soixante ans, pour combattre la pauvreté et favoriser le développement des pays du Sud dans le cadre du dispositif français de Coopération. Présente sur le terrain dans plus de 70 pays et dans l’Outre-mer, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation des enfants, appui aux agriculteurs, soutien aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique… En 2007, l’Agence a consacré 3,5 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays du Sud et en faveur de l’Outre-mer. Ces financements ont notamment concerné la scolarisation de 5,8 millions d’enfants et l’approvisionnement en eau potable de 4 millions de personnes. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser 2,7 millions de tonnes de CO2 par an.









