ITU TELECOM AFRICA 2008 ouvre ses portes au Caire
Afrique: Le dynamisme d’un continent
Le Caire, le 12 mai 2008 - Le Président égyptien Hosni Mubarak a aujourd’hui officiellement ouvert les portes de TELECOM AFRICA 2008 au public. Immense vitrine du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) les plus récentes, ITU TELECOM AFRICA offre un forum exceptionnel et une plate-forme privilégiée pour les échanges d’idées et les prises de contact aux représentants des pays et du secteur privé rassemblés pour tracer l’avenir de l’industrie des TIC.
Plus de 200 entreprises de 45 pays, dont plusieurs nations extérieures au continent africain, exposent leurs produits, applications et services. Soixante-dix chefs d’entreprises internationales et 50 ministres, à côté des représentants des principaux organismes de réglementation et de grandes sociétés d’investissements, vont participer à cette manifestation du 12 au 15 mai. ITU TELECOM AFRICA a déjà attiré plus de 5 000 participants de 93 pays, ce qui constitue un record depuis que les expositions TELECOM sont ouvertes aux pays extérieurs à la région considérée, et 600 participants, ainsi que 200 médias, sont inscrits pour le Forum.
L’exposition elle-même est donc un véritable étalage technologique du marché des TIC, tandis que les sessions du Forum vont projeter un éclairage à la fois régional et mondial sur la situation de l’Afrique dans le secteur des TIC, sur la donne spécifique du marché du continent et sur les nombreux facteurs essentiels qui expliquent un contexte particulièrement propice. Le programme du Forum comprend 30 sessions, qui couvrent, entre autres thèmes, les partenariats entre le secteur public et le secteur privé, les plus brillantes illustrations de l’esprit d’entreprise, le renforcement des capacités et la cybersécurité … Plus de 150 orateurs vont participer aux sessions du Forum, auquel est associé le Forum de la jeunesse et le Symposium sur le développement des télécommunications.
L’Afrique à la croisée des chemins
L’un des temps forts de la cérémonie officielle d’ouverture a été la présentation à la presse du dernier rapport régional publié par l’UIT sous le titre “Indicateurs des télécommunications/TIC africains, 2008“.
Après la croissance exponentielle du secteur de la téléphonie mobile - avec 65 millions de nouveaux abonnés en 2007 - et dans un climat d’investissement encourageant qui a stimulé le développement économique de la région, l’Afrique est un continent dynamique: ce dynamisme est précisément le thème retenu pour ITU TELECOM AFRICA 2008.
Le rapport est une véritable mine d’informations pour les décideurs, les investisseurs, les analystes - et quiconque observe le paysage des télécommunications en Afrique. Il brosse en effet un tableau détaillé de l’évolution du secteur, et l’on y trouve un certain nombre de recommandations sur les moyens de pérenniser la croissance et d’élargir l’accès aux TIC dans la région.
Prenant la parole à la cérémonie d’ouverture, le Premier Ministre égyptien, S. E. M. Ahmed Nazif, a commenté en ces termes l’évolution impressionnante du secteur des TIC en Afrique: “Alors que tous les peuples du continent considèrent leur avenir, TELECOM AFRICA rassemble tous les membres de la communauté des TIC, non pas seulement du continent, mais du monde entier, dans une réflexion sur les débouchés et les problèmes, dans la recherche de mesures efficaces, dans l’observation aussi des grands succès obtenus. Le secteur des TIC - avec toutes ses potentialités techniques, financières et humaines - a placé l’Afrique dans une situation avantageuse”. Et le Premier Ministre d’ajouter que les services et outils rendus possibles par les technologies de l’information et Internet offrent de nouvelles perspectives aux nations du continent.
Le Secrétaire général de l’UIT, S. E. M. Hamadoun Touré, a déclaré quant à lui qu’ITU TELECOM AFRICA 2008 représentait une étape stratégique dans la réduction de la fracture numérique: “L’exposition organisée au Caire est une illustration essentielle de l’engagement que nous avons pris de connecter le monde”. Le Secrétaire général a souhaité que le secteur des TIC étudie systématiquement les nombreux débouchés qui s’offrent dans l’ensemble du continent - et que l’exposition illustre - afin de formuler des agents catalyseurs pour les autres secteurs de l’économie et de la société: soins de santé, éducation, entreprises, agriculture, administrations centrales …
La rapide croissance du secteur des TIC à l’origine du développement économique général de l’Afrique
Dans son allocution à la conférence de presse d’ouverture, S. E. M. Hamadoun Touré a déclaré que l’Afrique était “depuis trois ans la région du monde qui affichait la plus forte croissance”, une croissance résultant pour beaucoup des réformes entreprises sur la plupart des marchés des télécommunications du continent en matière de concurrence, de politiques générales et de réglementation: “Aujourd’hui, les TIC africaines offrent un spectacle passionnant. La libéralisation des marchés se poursuit, et la plupart des pays ont mis en place des organismes de réglementation chargés d’assurer un environnement équitable, favorable à la concurrence, propice”.
Citons maintenant le Ministre égyptien des technologies de la communication et de l’information, S. E. M. Tarek Kamel: “Aujourd’hui plus que jamais, alors que la planète entre dans cette ère de l’information qui la transmue peu à peu en village mondial, la technologie est le véritable fondement de la croissance économique et de l’amélioration du niveau de vie des hommes. Nous avons l’obligation d’ouvrir la voie à ceux des habitants de l’Afrique qui ne sont pas encore en ligne, de cerner les obstacles, de trouver les moyens de les franchir, de faire en sorte que l’Afrique compte pour une part optimale dans le prochain milliard d’utilisateurs du cybermonde. Nous avons l’obligation d’encourager et de mobiliser de nouveaux investissements, aussi bien en Afrique qu’en provenance du reste du monde, pour tirer parti des débouchés de plus en plus nombreux que nous offrent les marchés”.
Prenant à son tour la parole au nom des représentants du secteur, M. Naguib Sawiris, P.-D. G. d’Orascom Telecom, a déclaré que la révolution mobile allait toucher tous les aspects de la vie quotidienne - que l’on considère les simples opérations bancaires ou les voyages d’agrément, les activités culturelles ou les loisirs - et qu’elle participerait même au renforcement des démocraties.
Selon M. Reza Jafari, Président du Comité d’ITU TELECOM, il ne faut pas supposer, comme on l’entend dire souvent, qu’il n’y a pas d’argent à gagner en Afrique: “A mon avis, avec une nouvelle approche économique, il est possible de fournir des services TIC à moindre coût - et, de la sorte, d’accélérer encore la croissance du secteur”.
A l’occasion de sa visite de l’exposition, le Premier Ministre Nazif a annoncé officiellement le nouvel outil ITU Global View développé par Microsoft et IDV Solutions sur base cartographique interactive avec les données dont dispose l’UIT. Les utilisateurs de ce nouveau logiciel de suivi des programmes d’application concertée des moyens TIC au service du développement peuvent à tout moment faire le point de la situation, repérer les lacunes et éviter les recouvrements d’activités. Pour le Premier Ministre, il s’agissait d’un outil “réalisé à point nommé”, offrant d’excellentes possibilités de comparaisons entre les pays du continent. ITU Global View a été conçu spécifiquement pour faciliter la concrétisation des objectifs de connectivité fixés au Sommet mondial sur la société de l’information.
Nouveau Rapport de l’UIT: Indicateurs des télécommunications et des TIC africaines
Alors que se termine la première décennie du nouveau millénaire, l’Afrique est à la croisée des chemins et, dans le secteur des TIC, les décideurs vont devoir faire des choix importants. A l’occasion de la présentation du Rapport de l’UIT sur les Indicateurs des télécommunications et des TIC africaines, le Directeur du Bureau de développement des télécommunications de l’UIT, M. Sami Al Basheer Al Morshid, a relevé que l’Afrique offrait plusieurs perspectives de croissance dans le secteur des TIC.
L’essor du secteur de la téléphonie mobile sur le continent africain a défié toutes les prévisions. L’Afrique reste la région du monde qui connaît la plus forte croissance annuelle du nombre d’abonnés mobiles, avec pas moins de 65 millions de nouveaux abonnés en 2007. Début 2008, on recensait plus de 250 millions d’abonnés mobiles sur le continent. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile est passé de 1 pour 50 habitants au début des années 2000 à près d’un tiers de la population actuelle. Par ailleurs, la répartition des abonnés mobiles est aujourd’hui plus uniforme. Alors que la République sudafricaine représentait plus de la moitié de l’ensemble des abonnés au téléphone mobile en Afrique en 2000, près de 85% des abonnés au mobile se trouvaient dans d’autres pays en 2007. Le succès du mobile, dû en grande partie à l’ouverture à la concurrence, a par ailleurs favorisé l’apparition de services innovants comme le micropaiement en mode prépaiement (recharge), l’itinérance interrégionale avec tarif unique et l’essor des applications du commerce mobile.
Alors que les services mobiles sont devenus plus accessibles et abordables, l’accès à Internet, en général, n’a pas suivi la même évolution. D’après les estimations, il y avait environ 50 millions d’internautes en Afrique en 2007, soit près d’un habitant sur vingt, dont plus de la moitié dans les pays d’Afrique du Nord et en République sudafricaine. En Afrique subsaharienne, 3% seulement de la population sont connectés à Internet. L’insuffisance de la largeur de bande Internet internationale et l’absence de points d’échange Internet entraînent une hausse des prix. C’est en effet en Afrique, le continent le plus pauvre du monde, que les prix de l’accès à Internet sont les plus élevés: l’abonnement mensuel à Internet s’élève en moyenne à 50 USD, soit près de 70% du revenu moyen par habitant.