Posted by: appablog | 6 mai 2008

Zimbabwé : les résultats définitifs de l’élection présidentielle manquent de crédibilité

Zimbabwé : les résultats définitifs de l’élection présidentielle manquent de crédibilité

 

(Selon les États-Unis, un second tour de scrutin est impossible si la répression persiste.) (524)

 

By Stephen Kaufman

Rédacteur

 

Washington - Les résultats définitifs de l’élection présidentielle au Zimbabwé que la Commission électorale zimbabwéenne a annoncés le 2 mai sont peu crédibles, et un second tour de scrutin est impossible alors que le principal candidat de l’opposition, M. Morgan Tsvangirai, et ses partisans font l’objet de mesures de répression de la part du gouvernement du président Robert Mugabe, a déclaré le porte-parole adjoint du département d’État, M. Tom Casey, le 2 mai.

 

La longueur inexplicable du retard dans la publication des résultats et les irrégularités postélectorales, a-t-il dit, soulèvent des questions graves au sujet de la crédibilité du décompte final des suffrages par la commission électorale, dont tous les membres ont été nommés par le gouvernement.

 

Avant l’annonce des résultats, M. Casey avait déclaré, le 1er mai, que la situation aurait été différente si la commission électorale avait rendu publics il y a quelques semaines les résultats des élections législatives et présidentielle qui avaient eu lieu le 29 mars.

 

« Vu le grand retard et vu le manque d’explications raisonnables à ce sujet, avait-il dit, je pense qu’il est tout à fait raisonnable de penser que, lorsque les gens verront ces résultats, ils les considéreront avec un grand degré de scepticisme. Ces résultats n’auront pas le degré de crédibilité qu’ils auraient eu s’ils avaient été annoncés en temps opportun. »

 

M. Tsvangirai, qui est à la tête du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), déclare depuis le scrutin du 29 mars qu’il a battu le président Mugabe avec plus de 50 % des suffrages et qu’il n’est pas nécessaire de procéder à un second tour de scrutin. Selon l’annonce officielle des résultats du 2 mai, il aurait obtenu 47,9 % des suffrages contre 43,2 % pour M. Mugabe. Ce dernier, qui est au pouvoir depuis 1980, s’est prononcé en faveur d’un second tour de scrutin.

 

Le 2 mai, M. Casey a déclaré qu’il était « tout à fait impossible sur le plan pratique » de considérer comment le Zimbabwé pourrait organiser un second tour alors que « le candidat qui avait obtenu le plus de suffrages voyait son parti et ses partisans faire l’objet régulièrement de mesures de harcèlement » et de répression par les pouvoirs publics.

 

Le gouvernement du président Mugabe, a-t-il dit, doit « cesser sa répression des membres de l’opposition » et d’autres Zimbabwéens qui souhaitent exprimer leurs opinions dans le calme. Ce doit être la toute première mesure à prendre avant que quiconque puisse songer à un second scrutin.

 

Depuis que M. Mugabe a assumé la présidence du Zimbabwé il y a vingt-huit ans, ce pays est passé du stade où il était une puissance économique en Afrique et un exportateur de céréales au stade d’un pays qui dépend de l’aide alimentaire et dont le taux d’inflation est supérieur à 160.000 % et le taux de chômage atteint près de 80 %.

 

De hauts responsables des États-Unis ont incité les États limitrophes du Zimbabwé à user autant que possible de leur influence sur le gouvernement Mugabe en vue de réduire la violence qui a vu le jour depuis le déroulement des élections.

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