Posted by: appablog | 26 April 2008

USA / Il est possible de prévenir le paludisme et de soigner les malades

Il est possible de prévenir le paludisme et de soigner les malades

 

(La Journée mondiale du paludisme est l’occasion de rendre hommage à ceux qui luttent contre ce fléau.) (742)

 

Par Cheryl Pellerin

Rédactrice

 

Washington - Il existe des moyens efficaces de lutter contre la maladie mortelle qu’est le paludisme, et un large éventail d’efforts sont déployés à l’échelle internationale pour analyser et endiguer ce fléau.

 

Le paludisme frappe plus de 500 millions de personnes par an et en tue plus d’un million, en majorité des nourrissons, de jeunes enfants et des femmes enceintes, surtout en Afrique. La lutte contre cette maladie nécessite les efforts déterminés de nombreuses personnes de par le monde, auxquelles on rend hommage à l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, qui a lieu le 25 avril.

 

Cette commémoration, instituée par l’assemblée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2007, est l’occasion pour les pays situés dans les régions touchées d’échanger leurs expériences, pour les nouveaux donateurs d’adhérer au partenariat mondial contre le paludisme, pour les chercheurs et les établissements universitaires d’expliquer les progrès scientifiques réalisés aux experts et au public, et pour de nombreux partenaires, entreprises et fondations, de faire état de leurs succès.

 

Éloigner les moustiques des êtres humains

 

Le paludisme est une maladie transmise par les moustiques et causée par le plasmodium falciparum, un parasite unicellulaire. Les parasites sont transmis à l’homme par la morsure de la femelle infectée du moustique anophèle.

 

Aux États-Unis, le paludisme a longtemps été un problème dans le sud-est, très humide, du pays. En 1947, le Centre des maladies transmissibles du Service de la santé publique - aujourd’hui Centre d’épidémiologie des États-Unis - et les agences sanitaires de 13 États du sud-est du pays lancèrent un programme d’éradication du paludisme. Il s’agissait d’épandre un produit chimique, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), sur toutes les surfaces intérieures des foyers ruraux et des bâtiments des comtés touchés par la maladie.

 

Au même moment, la Tennessee Valley Authority modifiait les cours d’eau dans la région afin de produire de l’hydroélectricité et d’éliminer les marais où les moustiques pouvaient pondre leurs oufs. De plus, la prospérité croissante des États-Unis à l’époque attirait des millions d’Américains vers les villes, les éloignant des campagnes infestées de moustiques. Dès la fin 1949, le paludisme était devenu un problème mineur de santé publique.

 

La plupart des utilisations du DTT ont été interdites aux États-Unis en 1972, après la découverte d’effets néfastes de ce produit chimique sur l’environnement et la santé. En 2006, malgré les doutes subsistant sur la sécurité de ce produit, l’OMS a publié une déclaration prônant son utilisation dans les foyers - pas dans l’agriculture - afin de lutter contre les moustiques dans les régions où le paludisme est endémique.

 

« Nous pouvons affirmer, a dit M. James Herrington, directeur de la Division des relations internationales au Centre international Fogarty de l’Institut national de la santé, que le DTT et produits dérivés ont prouvé leur efficacité comme insecticides et répulsifs. Ils éloignent les moustiques infectés des populations. »

 

Les principales mesures à prendre

 

Selon l’OMS, les principales mesures de lutte contre le paludisme sont les suivantes : vaporisation à l’intérieur des habitations ; traitement rapide avec de l’artémisinine, un médicament dérivé de l’armoise annuelle, combinée avec un deuxième et un troisième médicament antipaludéen ; enfin, l’utilisation de moustiquaires traitées à l’insecticide.

 

Combiner l’artémisinine à de la sulfadoxine-pyriméthamine et de l’amodiquine évite la résistance des parasites à l’un de ces médicaments pris individuellement.

 

« Lorsqu’elle est utilisée correctement en combinaison avec d’autres thérapies, l’artémisinine est efficace à presque 95 % pour traiter le paludisme, et les risques de résistance du parasite sont quasiment nuls », affirme l’OMS dans un document.

 

Le problème est qu’il faut 18 mois pour produire de l’artémisinine à partir de produits naturels, et que personne n’a encore réussi à mettre au point une molécule de synthèse en laboratoire.

 

La troisième mesure, à savoir l’utilisation de moustiquaires traitées à l’insecticide, permettent de séparer les moustiques des gens. Les anophèles se nourrissent la nuit, a précisé M. Herrington, ce qui fait que les moustiquaires sont très efficaces.

 

« Plusieurs études ont montré qu’elles avaient permis de réduire de près d’un tiers le taux de mortalité du paludisme chez les enfants dans les zones infectées de l’Afrique. »

 

Toutefois, a ajouté M. Herrington, les programmes d’information sur le paludisme, la recherche et le développement économique sont, à long terme, les meilleurs moyens d’endiguer cette maladie.

 

« Le paludisme est à la fois le résultat et la cause de la pauvreté. Le développement économique est vraiment la clé de l’éradication de cette terrible maladie. »


 

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