Les É.-U. demandent à la Chine de renoncer à livrer des armes au Zimbabwé
(Ils se félicitent de la décision de pays de l’Afrique australe de refuser le débarquement dans leurs ports d’armes destinées au Zimbabwé.) (543)
Par Merle Kellerhals
Rédacteur
Washington - Les États-Unis ne pensent pas que la livraison d’armes et de munitions chinoises au Zimbabwé soit dans l’intérêt de quiconque, a déclaré le porte-parole adjoint du département d’État, M. Tom Casey, le 22 avril.
Le département d’État, a-t-il dit, a exhorté les pays de l’Afrique australe à ne pas permettre à un navire de transport chinois de débarquer dans un de leurs ports sa cargaison de fusils d’assaut AK-47, de mortiers et de munitions destinés au Zimbabwé, qui est un pays enclavé. En outre, les États-Unis ont demandé au gouvernement chinois de rappeler le navire de transport.
Ce navire, l’An Yue Jiang, est arrivé en Afrique du Sud pendant la semaine du 13 au 19 avril, mais n’a pas été autorisé à débarquer sa cargaison. Depuis lors, le Mozambique, l’Angola, la Tanzanie et la Namibie ont refusé, selon des informations parues dans les médias, d’autoriser le débarquement de la cargaison et son acheminement par voie terrestre à destination de Harare.
Le Zimbabwé est en proie à une crise post-électorale depuis le 29 mars, car la commission électorale zimbabwéenne, dont tous les membres ont été nommés par le gouvernement du président Mugabe, a refusé d’annoncer les résultats de l’élection présidentielle. Il semble que le pays s’apprête à organiser un second tour qui opposera le président sortant, M. Robert Mugabe, à son principal adversaire, M. Morgan Tsvangirai. Toutefois, maintes personnes font remarquer qu’un second tour ne peut avoir lieu avant la publication des résultats du premier tour.
M. Casey a indiqué que la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, allait se rendre en Afrique du Sud, en Zambie et en Angola pour s’entretenir avec des responsables de ces pays de questions bilatérales et de la crise au Zimbabwé.
« Nous ne pensons pas, a-t-il dit, qu’il soit bon à l’heure actuelle, vu les troubles politiques qui ont lieu au Zimbabwé, que quiconque envenime encore plus la situation en fournissant des armes aux forces de sécurité de ce pays. »
Les États-Unis ont demandé à Pékin de rappeler l’An Yue Jiang et de s’abstenir d’envoyer de nouvelles cargaisons.
« Nous sommes en relation avec divers gouvernements africains ainsi qu’avec le gouvernement chinois au sujet de ce navire (…). Nous sommes heureux qu’un grand nombre de pays africains aient refusé d’accepter que ce navire mouille dans leur port ou qu’il débarque sa cargaison d’armes (…) et que le gouvernement chinois dise maintenant qu’il va peut-être le rappeler en Chine », a indiqué M. Casey.
De son côté, le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Howard Berman, a rendu hommage aux pays africains qui avaient refusé la livraison des armes destinées au Zimbabwé. « En agissant ainsi, a-t-il dit, les dirigeants africains ont pris une position de principe pour protéger le peuple zimbabwéen et pour renforcer ses droits. » En effet, a-t-il ajouté, ces armes auraient pu être utilisées contre des Zimbabwéens opposés au président Mugabe et servir à des milices qui se sont déjà attaquées à des villageois et qui ont détruit leurs habitations.