Association pour le développement de l’éducation en Afrique
Communiqué de presse
Education pour les populations rurales en Afrique : l’immensité des besoins et des défis exige de fédérer les énergies, de rechercher les synergies et d’établir des coalitions internationales, techniques et financières
Paris, le 3 décembre 2007 – L’atelier sur l’éducation pour les populations rurales en Afrique qui s’est déroulé à Rome les 28 et 29 novembre 2007 au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est achevé avec l’adoption d’un communiqué résumant les principales conclusions et recommandations de la réunion.
Le communiqué rappelle que les populations rurales représentent en Afrique 70% de la population et qu’elles resteront largement majoritaires au moins jusqu’en 2030. C’est dans les zones rurales que se concentrent le plus de pauvres, c’est là que vivent la majorité des enfants qui ne vont pas à l’école et où l’illettrisme sévit plus qu’ailleurs. Parmi les retombées négatives : une sécurité alimentaire et une santé compromises, une productivité limitée, les possibilités d’améliorer les moyens d’existence entravées.
Le communiqué rappelle également le rôle stratégique de l’éducation et de la formation dans la lutte contre l’analphabétisme, la pauvreté, et la faim mais également pour faire face aux chocs et aux changements climatiques, parvenir à mieux gérer l’environnement et les ressources naturelles et promouvoir le développement des zones rurales. A ce sujet, M. Müller, sous-directeur général adjoint du Département pour la gestion des ressources et l’environnement de la FAO a évoqué, pendant les travaux, l’impact du réchauffement climatique sur le réservoir de ressources naturelles des pays, situé en grande partie dans les zones rurales, sur les cultures et sur l’élevage et, par conséquent, sur la sécurité alimentaire.
Lors de la séance de clôture, M. Anton Mangstl, Directeur de la Division pour le renforcement des capacités et l’échange d’informations de la FAO, a reconnu l’importance du programme phare d’éducation pour les populations rurales (EPR). Il a appelé, pour une plus grande efficacité des actions, au développement de davantage de synergies entre le programme EPR et d’autres initiatives, qu’elles soient menées par la FAO ou par d’autres organismes.
M. Mamadou Ndoye, Secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), a quant à lui rappelé l’immensité des défis auxquels les populations rurales sont confrontées et que les programmes d’éducation et de formation doivent aider à surmonter. A cet égard, il a évoqué les changements profonds qui bouleversent le monde rural en Afrique : les ruptures inter-générationnelles, la nouvelle agriculture, les mutations technologiques, la globalisation, les nouveaux modes de gouvernance, les évolutions sociales et économiques, et les changements climatiques.
L’importance des défis et la masse des besoins à satisfaire appelle, a-t-il dit, une « approche massive, diversifiée et intégrée de l’éducation et de la formation qui mobilise, voire associe, diverses modalités de livraison afin de saisir toutes les opportunités d’apprentissage. » « Qu’il s’agisse d’éducation formelle ou non-formelle, d’apprentissage présentiel ou à distance », a-t-il ajouté, « l’éducation et la formation doivent contribuer au développement des compétences et à la transformation des économies non-formelles prédominantes ».
M. Ndoye a ensuite déclaré « La complexité du monde rural et la lutte contre la pauvreté et la faim ne peuvent se satisfaire d’interventions parallèles et isolées. Il faut fédérer les énergies, rechercher les synergies entre disciplines, développer des programmes intersectoriels et établir des coalitions internationales, techniques et financières ».
Afin que le travail engagé pour l’éducation et la formation des populations rurales soit poursuivi, l’atelier a proposé d’une part la mise en place d’un réseau d’échanges d’expériences et de partage de connaissances entre pays pour lesquels l’éducation pour les populations rurales est une priorité nationale ; d’autre part un cadre de partenaires internationaux et régionaux engagés à les accompagner. M. Ndoye a indiqué que l’ADEA serait disposée à apporter son appui à l’établissement de ce réseau et de ce cadre qui s’intègrent parfaitement dans la mission et le programme de l’ADEA.
M. Jean Bosco du ministère français des Affaires étrangères a également confirmé l’engagement de la France à soutenir les actions menées pour l’éducation et la formation des populations rurales en Afrique.
Les recommandations de l’atelier
A travers le communiqué, l’atelier a également énoncé une série de recommandations en direction de quatre acteurs principaux : les gouvernements africains ; les ministères concernés ; les bailleurs et les organismes internationaux de coopération ; les établissements d’enseignement supérieur et les réseaux et centres internationaux de recherche agricole.
Les gouvernements sont notamment invités à coordonner leurs stratégies et politiques nationales concernant l’agriculture, le développement rural, l’éducation et la formation et la réduction de la pauvreté, et à augmenter les ressources publiques vers l’éducation et la formation des populations rurales.
Il est recommandé aux ministères de veiller à la conception de programmes qui développent entre autres les compétences de vie et les capacités d’entreprise et de production, tout en reflétant les valeurs sociales et culturelles locales. Il leur est également recommandé de développer davantage l’enseignement technique et la formation professionnelle dans les zones rurales ; de promouvoir l’enseignement multigrade dans les écoles isolées et de petite dimension ; d’apporter leur appui aux processus de décentralisation en préparant les acteurs au niveau local à la prise de décision et à la gestion administrative et financière ; d’assurer, pour un meilleur pilotage de l’éducation dans les zones rurales, la collecte de statistiques pertinentes et l’établissement de systèmes d’information pour la gestion de l’éducation (SIGE)
En ce qui concerne les organismes internationaux, et en particulier la FAO, l’ADEA et l’UNESCO, il leur est demandé de disséminer largement les résultats et les recommandations de l’atelier et d’augmenter leur soutien à l’éducation et à la formation des populations rurales, en particulier dans les domaines du renforcement des capacités, du partage des connaissances et de l’assistance technique.
Enfin, le communiqué recommande que les établissements d’enseignement supérieur et les centres de recherche agricoles apportent leur expertise scientifique et technique dans des domaines stratégiques tels que les bio-carburants ou l’impact de la globalisation et du changement climatique sur la vie des populations rurales. Il leur est également demandé de prendre le leadership dans l’analyse systématique et objective des expériences réussies d’éducation et de formation des populations rurales.
L’atelier sur l’éducation pour les populations rurales s’est tenu les 28 et 29 novembre 2007, au siège de la FAO à Rome. Une dizaine de pays africains ont participé à l’atelier : Afrique du Sud, Burkina Faso, Ethiopie, Guinée, Kenya, Madagascar, Mozambique, Niger, Ouganda, Sénégal et Tanzanie.
Le programme phare FAO-UNESCO sur l’éducation pour les populations rurales mené par la FAO et auquel s’est jointe l’ADEA œuvre à promouvoir une éducation et une formation de qualité dans les zones rurales. Il réunit des acteurs clé des secteurs de l’agriculture, du développement rural et de l’éducation et de la formation.
______________________________________________________________________________________
